Le dernier Sommet arabe est resté évasif sur les objectifs économiques de la région, il estime ainsi que "la transformation du contexte actuel nécessite l’établissement d’un fonds d’urgence pour sauver les pays arabes à l’instar du fonds de l’Union Européenne".
AA/Beyrouth/ Adnen Karima
La Déclaration du Koweït issue le 26 mars du Sommet arabe n’a pas apporté du nouveau quant à l'intégration économique que la Ligue des Etats arabes aspire à concrétiser depuis sa création dans les années quarante. Et ce malgré la série des indicateurs négatifs générés par les effets collatéraux du "printemps arabe".
Les changements qui ont secoué le monde arabe ont enlisé plusieurs pays du « printemps arabe » dans des situations économiques difficiles, qui se sont répercutées sur les pays du voisinage, notamment le Liban et la Jordanie. Le Soudan a perdu la majorité de ses richesses pétrolières après sa séparation du Soudan du Sud.
Ainsi, le monde arabe a besoin de créer un fonds d’urgence pour venir en aide aux pays qui souffrent des répercussions de ces changements, à l’instar du fonds mis en place par l’Union Européenne après la crise des dettes souveraines des pays de la zone Euro.
Les trois paragraphes de la Déclaration du Koweit portant sur l’économie de la région arabe n’ont pas apporté de vision de réforme, ni de mécanismes efficaces susceptibles d’accélérer les partenariats effectifs qui devraient faire participer le secteur privé et la société civile. L’économie demeure le principal souci du monde arabe en pleine transformation.
De même, le monde arabe a besoin de la mise en vigueur des décisions formulées plutôt que de belles paroles. L’intégration économique de la région arabe nécessite des mécanismes favorisant la complémentarité, des capacités financières et techniques ainsi qu’un leadership.
La première réforme devrait être la révision du rôle du Sommet arabe qui devrait être un mécanisme pour traiter directement des problématiques économiques. La série des décisions du sommet restent souvent sans suite, notamment l’établissement celles relatives à la création d'une zone arabe de libre échange (ZLE) en 2013 ou à l'union douanière à l’horizon de 2015.
La ZLE souffre de manque de mécanismes efficaces pour libérer le commerce à cause des disparités de niveau de croissance économique, des capacités financières et des systèmes commerciaux des pays arabs qui demeurent la région commerciale la moins intégrée au monde.