Ahmet Gençtürk
30 Août 2022•Mise à jour: 30 Août 2022
AA / Ankara / Ahmet Gencturk
Le Parlement grec a voté, tard lundi, en faveur de la création d'une commission d'enquête sur le scandale de la surveillance qui a secoué la scène politique du pays, ont rapporté les médias locaux.
La motion visant à créer la commission a reçu le soutien de 142 des 299 députés présents, tous issus de partis d'opposition, a indiqué l'agence de presse publique AMNA.
Les 157 députés du parti au pouvoir, Nea Dimokratia (ND - Nouvelle démocratie), se sont abstenus en se contentant de voter "présent", a noté l'agence.
Prenant la parole lors de la session plénière du Parlement, Giorgos Katrougalos, éminent parlementaire et ancien ministre des affaires étrangères du principal parti d'opposition, SYRIZA-PS, a affirmé que le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis était le maître d'œuvre des pratiques de surveillance.
Mitsotakis est responsable du déclin de la démocratie parlementaire et de l'État de droit, a-t-il déclaré, ajoutant que le gouvernement a tenté d'étouffer le scandale.
Faisant référence à la mise sous surveillance de Nikos Androulakis, le leader du parti d'opposition PASOK-KINAL, par le Service national de renseignement (EYP), Katrougalos a souligné que le gouvernement n'a toujours pas révélé pourquoi Androulakis a été mis sous surveillance.
"Soit c'est un espion et donc une menace pour la sécurité nationale, ou ce n'est pas le cas et par conséquent, sa mise sous surveillance est illégale", a-t-il déclaré.
S'exprimant au nom du groupe parlementaire du PASOK-KINAL, le député Michalis Katrinis a souligné que le Premier ministre refuse d'assumer la responsabilité du scandale.
"Mitsotakis pense qu'il peut mettre sur écoute ses opposants politiques et les acteurs de la vie publique et, lorsque cela est révélé, invoquer des raisons nationales inexistantes ou rejeter la responsabilité sur d'autres", a déclaré Katrinis.
Il a également souligné que les accusations de surveillance et les plaintes déposées par d'autres personnalités et institutions politiques, notamment le Parti communiste grec (KKE), devaient faire l'objet d'une enquête.
Dimitris Koutsoubas, le secrétaire général du KKE, a rappelé que son parti était sous surveillance avant même que le scandale n'éclate, mais que les nombreuses plaintes qu'il a formulées depuis 2016 sont restées sans réponse.
Il a ainsi demandé si ce sont les autorités grecques ou bien des parties étrangères qui ont décidé de mettre le KKE sous surveillance.
** Le scandale de la mise sous surveillance
Lors d'une allocution télévisée à la nation le 8 août, Mitsotakis a reconnu qu'Androulakis avait été mis sur écoute par le "EYP", mais a nié être au courant de l'opération.
"Bien que tout ait été fait légalement, le "EYP" a sous-estimé la dimension politique de cette action. C'était correct sur le plan formel mais inacceptable sur le plan politique", a-t-il déclaré.
Cette annonce fait suite à la démission du directeur du EYP, Andreas Kontoleon, et du Secrétaire général du Premier ministre, Grigoris Dimitriadis, le 5 août.
Le scandale a éclaté le 4 août, lorsqu’Andreas Kontoleon a déclaré devant une commission parlementaire que son agence avait mis sur écoute le journaliste Thanasis Koukakis.
Une enquête parlementaire a été ouverte après qu'Androulakis se fut plaint au parquet d'une tentative de piratage de son téléphone portable avec le logiciel de surveillance israélien Predator.
*Traduit de l’Anglais par Mourad Belhaj