Lassaad Ben Ahmed
21 Avril 2020•Mise à jour: 22 Avril 2020
AA / Peter Kum
L’édition 2020 du classement mondial de la liberté de la presse, établi ce mardi 21 avril par Reporters sans frontières (RSF), démontre que la décennie à venir sera décisive pour l’avenir du journalisme face à la nouvelle crise sanitaire.
« La pandémie de Covid-19 met en lumière et amplifie les crises multiples qui menacent le droit à une information libre, indépendante, pluraliste et fiable », a souligné RSF dans son rapport annuel.
Le classement mondial de la liberté de la presse, qui évalue tous les ans la situation du journalisme dans 180 pays et territoires, démontre que les dix prochaines années seront sans doute « une décennie décisive » pour la liberté de la presse en raison de multiples crises qui affectent l’avenir du journalisme.
A ces crises s’ajoute désormais la crise sanitaire dont la pandémie du coronavirus qui a vu le jour fin 2019 en Chine avant de se répandre dans le monde entier.
« Nous entrons dans une décennie décisive pour le journalisme, liée à des crises concomitantes qui affectent l’avenir du journalisme », a déclaré dans le rapport le secrétaire général de RSF, Christophe Deloire.
D’après Deloire, l’épidémie de coronavirus fournit une illustration des facteurs négatifs pour le droit à l’information fiable, et elle est même un facteur multiplicateur. Il faut chercher à savoir que seront la liberté, le pluralisme et la fiabilité de l’information d’ici l’année 2030.
Selon RSF, il existe une corrélation évidente entre la répression de la liberté de la presse à l’occasion de l’épidémie de coronavirus et la place des pays au classement mondial.
« La crise sanitaire est l’occasion pour des gouvernements autoritaires de mettre en œuvre la fameuse “doctrine du choc” : profiter de la neutralisation de la vie politique, de la sidération du public et de l’affaiblissement de la mobilisation pour imposer des mesures impossibles à adopter en temps normal », a dénoncé Christophe Deloire.
Pour que cette décennie décisive ne soit pas une décennie funeste, RSF propose une mobilisation humaine « pour que les journalistes puissent exercer cette fonction essentielle d’être les tiers de confiance des sociétés, ce qui suppose d’avoir les capacités pour le faire ».