Raphaël Glucksmann accuse Mélenchon de reprendre « les codes de l’antisémitisme » après une plaisanterie sur son nom
- L’eurodéputé social-démocrate compare le leader de LFI à Jean-Marie Le Pen, tandis que les critiques se multiplient à gauche comme à droite et que Jean-Luc Mélenchon se défend de tout antisémitisme
Istanbul
AA / Istanbul / Serap Dogansoy
L’eurodéputé social-démocrate Raphaël Glucksmann a accusé ce dimanche Jean-Luc Mélenchon de reprendre « les pires codes de l’extrême droite française et de l’antisémitisme », après que le leader de La France insoumise (LFI) a plaisanté sur la prononciation de son nom lors d’un meeting à Perpignan.
« On ne joue pas (…) sur des noms à consonance juive ou à consonance étrangère », a déclaré Glucksmann, qualifiant Mélenchon de « Jean-Marie Le Pen de notre époque ». Sur le réseau social américain X, il a publié un extrait vidéo du meeting accompagné du message : « Ok Jean-Marie Le Pen ».
Lors de cette réunion publique dans les Pyrénées-Orientales, Jean-Luc Mélenchon a d’abord prononcé « Glucksman », puis s’est repris en disant « Glucksmann pardon », avant d’ajouter : « après, j’en ai pour des heures ». Le dirigeant insoumis a également évoqué les récentes polémiques liées à ses propos sur la prononciation du nom de Jeffrey Epstein.
Fin février, Mélenchon avait été accusé d’antisémitisme après avoir ironisé sur la prononciation du nom du criminel sexuel américain Jeffrey Epstein, estimant que la forme « Epstine » visait à « russifier » le nom. Il s’est défendu de toute intention antisémite, affirmant ne pas avoir fait de lien entre Epstein et sa religion.
Plusieurs responsables politiques ont condamné les propos tenus à Perpignan. Le premier secrétaire du Parti socialiste (PS), Olivier Faure, a dénoncé une « stratégie qui dérive sur les eaux brunes de l’antisémitisme ». Le député socialiste Jérôme Guedj a également comparé Jean-Luc Mélenchon à Jean-Marie Le Pen, fondateur du Front national, estimant que ces prises de position relèvent d’une « stratégie électorale ».
L’ancien Premier ministre Gabriel Attal, le haut-commissaire au Plan Clément Beaune ou encore le candidat centriste à la mairie de Paris Pierre-Yves Bournazel ont, eux aussi, établi un parallèle avec Jean-Marie Le Pen.
Ce dernier avait suscité l’indignation en 1988 avec un jeu de mots associant le nom du ministre Michel Durafour à l’expression « crématoire », en référence aux camps d’extermination nazis, un épisode resté connu sous l’appellation de « moment Durafour ».
Dans ce contexte, LFI traverse une séquence politique tendue, marquée par des critiques récurrentes sur sa stratégie et par des dissensions au sein de la gauche à l’approche des élections municipales des 15 et 22 mars, perçues comme un test en vue de l’élection présidentielle de 2027.
Malgré les critiques, Jean-Luc Mélenchon a réaffirmé ne pas être « antisémite », accusant ses détracteurs d’avoir eux-mêmes « fait le rapprochement entre Epstein et sa religion ».
