Nadia Chahed
24 Avril 2017•Mise à jour: 25 Avril 2017
AA / France / Souhir Bousbih
Comme pour le Parti Socialiste, l’heure est au bilan chez Les Républicains. Pour la première fois de l’histoire de la Ve République en France, la droite ne s’est pas qualifiée pour le second tour de l’élection présidentielle le 23 avril.
Un échec dont le candidat LR François Fillon Républicain a dit, dimanche soir, assumer « l’entière responsabilité ». Embourbé dans un feuilleton judiciaire sans fin depuis les révélations en janvier du journal "Le Canard Enchaîné" sur les emplois présumés fictifs de son épouse et de ses enfants, François Fillon n’ a jamais voulu abandonner le navire, même après sa mise en examen. Une décision qui lui a coûté chère dimanche soir, et qu’il n’a visiblement pas fini de payer. Lundi soir, le Bureau politique convoqué par Les Républicains pour discuter de l’avenir du parti ne s’annonce pas sous les meilleurs auspices pour lui.
Dès dimanche soir, ses plus proches collaborateurs, comme Eric Woerth, l’ont nommément accusé de cette déroute historique: « Ce n'est pas la droite qui a perdu, c'est Fillon », a ainsi déclaré l’ancien ministre du Budget, rejoint par le député européen Renaud Muselier, qui a appelé sur Twitter le candidat à quitter Les Républicains: « Ton obstination nous a fait perdre ! » a-t-il fustigé.
Lundi matin, Alain Juppé, en a remis une couche. Le maire de Bordeaux, pris d’assaut par les caméras devant la mairie de sa ville, a estimé qu’il y avait deux raisons à l’échec de la droite: «La première, et il l’a lui-même reconnu, c’est évidemment la personnalité de notre candidat, je m’étais exprimé à ce sujet il y a quelques semaines ». La seconde, poursuit-il, c’est la ligne politique du parti : « La question est de savoir si demain il y aura à une droite une composante humaniste, libérale et européenne qui pourra peser pleinement son poids. Voilà l’enjeu de cette rénovation».
François Baroin, un temps pressenti pour être le futur Premier ministre de François Fillon, a, également, mis en cause la ligne déterminée pour faire campagne: « La baisse de François Fillon n'a pas démarré uniquement avec les affaires. La baisse de François Fillon a démarré au lendemain de la primaire, avec les problématiques autour de la sécurité sociale, de l'importance du programme de suppression de postes de fonctionnaires... ». Sans oublier le rapprochement décrié du candidat républicain avec le mouvement "Sens Commun", qui à l’inverse de François Fillon, a refusé d’apporter son soutien à Emmanuel Macron.
Lundi soir, c’est donc un parti divisé qui devra choisir la ligne à adopter en vue des Législatives. Les ténors du parti appelleront-ils unanimement à faire barrage à Marine Le Pen et à voter Emmanuel Macron comme le PS? Pour Georges Fenech, le député LR du Rhône, cette décision scellerait la fin du groupe à l’Assemblée: « Nous, Républicains, risquons de disparaître de l’Assemblée Nationale dans un mois », s’est il inquiété même si pour lui, « le parti a déjà implosé ».