Majdi Ismail
13 Novembre 2022•Mise à jour: 13 Novembre 2022
AA / Montréal / Hatem Kattou
La ministre canadienne des Affaires étrangères, Mélanie Joly, a souligné, samedi, à Phnom Penh, que son pays est prêt à travailler avec la Chine mais pas avec la Russie.
C’est ce qui ressort d’une déclaration faite par Mélanie Joly lors de sa participation au sommet de l’Association des Nations de l’Asie du Sud-Est (Asean).
La cheffe de la diplomatie canadienne a indiqué que son pays est prêt à collaborer avec la Chine « sur certains sujets », précisant toutefois que la « Russie doit être traitée comme un paria ».
Mélanie Joly a souligné qu’elle n’envisage pas de rencontrer son homologue russe, Sergueï Lavrov, lorsque les deux seront présents à des sommets internationaux (Asean, G20) au cours de la prochaine période.
Elle a estimé, à ce propos, que rencontrer Lavrov serait synonyme de légitimation de l’invasion russe de l’Ukraine.
« Il y a une lutte d’influence en cours. Notre objectif est d’isoler la Russie sur le plan économique, politique et diplomatique », a-t-elle souligné.
Elle a relevé qu’il existe « un consensus grandissant sur ce qui se passe en Ukraine », qualifiant la situation de « complètement inacceptable ».
Pour ce qui est des relations avec Pékin, Mélanie Joly a dit accepter de rencontrer les dirigeants chinois pour collaborer sur une série de sujets, tels que les changements climatiques.
Pour rappel, Mélanie Joly avait déclaré au courant de cette semaine que « Le Canada n’hésitera pas à confronter la Chine lorsqu’il le faudra ».
Joly a souligné que la Chine est « une puissance mondiale qui bouleverse de plus en plus l’ordre mondial et qui cherche à façonner l'environnement mondial de manière à ce qu'il soit plus permissif pour des intérêts et des valeurs qui s'éloignent de plus en plus des nôtres ».
Tout en admettant que « la Chine est une puissance qu’on ne peut ignorer sur le plan économique », la ministre canadienne a relevé qu’il « faut aussi s’en méfier ».
Les relations entre Ottawa et Pékin sont tendues depuis plusieurs années. Outre son alignement sur les positions du voisin du Sud et proche allié, en l’occurrence les États-Unis, le Canada enregistre une série de divergences avec la Chine et dénonce plusieurs attitudes du géant asiatique.
Il s’agit, entre autres, de l’interférence de la Chine pour influencer l’issue des élections au Canada, information dévoilée par le média « The Global Mail », de postes de « police illégaux chinois » établis dans l’Ontario, et du bilan des autorités chinoises dans le domaine des droits de l’Homme.