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07 Mars 2018•Mise à jour: 08 Mars 2018
AA/BRUXELLES
Depuis 1952, la Turquie a une place primordiale au sein de l'OTAN (Organisation du traité de l'Atlantique nord), dont elle demeure un allié, et a qui elle apporte une contribution précieuse, dans une zone géographique critique, a estimé Tacan Ildem, ambassadeur et secrétaire général adjoint de l’OTAN.
Ildem a fait part de ses observations à Anadolu, concernant les relations entre l'OTAN et la Turquie ainsi que le sommet de l'OTAN qui se tiendra en juillet à Bruxelles.
Précisant que l'Alliance se prépare pour le sommet, au niveau présidentiel et ministériel, Ildem a ajouté qu'une réunion des ministres de la défense de l'OTAN a été organisée le mois dernier.
Par ailleurs, le diplomate a précisé que les ministres des affaires étrangères de l'OTAN se réuniront courant avril et qu'une réunion des ministres de la défense de l 'organisation se tiendra courant juin, avant le sommet.
- La création de nouveaux commandements
Ildem a fait savoir que la structure de commandement de l'OTAN, abordée lors de la réunion des ministres de la défense de l'OTAN en février, constitue la clé de voûte de l'Alliance.
Indiquant que cette structure permet aux 29 pays alliés d'agir ensemble aux niveaux terrestre, maritime, aérien et cybernétique, l'ambassadeur a noté que l'OTAN tente de répondre au climat de sécurité qui a radicalement changé en Europe.
Dans ce contexte, les ministres de la défense sont arrivés, courant novembre, à un compromis sur la façon de concevoir la nouvelle structure de commandement, a t-il déclaré, avant d'ajouter que la mise en place dans l'Atlantique Nord, d'un commandement interarmées chargé de la protection des routes maritimes entre l'Europe et l'Amérique du Nord, sera à l'ordre du jour de la prochaine réunion et ce, en accord avec les éléments convenus antérieurement.
Ildem a déclaré que la création d'un deuxième commandement contribuerait aux travaux de l’Otan, qui vise à renforcer ses efforts de dissuasion et sa posture de défense, dans la mesure où il permettra d'améliorer le transfert des unités et l'acheminement du matériel nécessaire.
Enfin, le diplomate a précisé que l'emplacement des quartiers généraux et la mise en place des centres de défense cybernétique, dont la création est prévue au sein de la nouvelle structure de commandement de l'OTAN, seront décidés à l'occasion de la réunion courant juin.
L'approbation de la nouvelle structure reviendra aux présidents et aux premiers ministres lors du sommet courant juillet.
- Coopération :
« Les défis de sécurité complexes de nos jours ne peuvent être résolus, aujourd'hui, par une seule et unique organisation. Ce qui est important, à ce stade, c'est de mettre en place une coopération entre l'ensemble des organisations internationales concernées afin qu'elles y apportent leur propre valeur ajoutée», a déclaré l'ambassadeur en référence à la philosophie fondamentale que comporte le terme de « coopération ».
« Il est primordial de créer entre elles une synergie dénuée de toute concurrence et ce, afin d’aborder, sous une approche globale, l'ensemble des domaines allant de la cyber-sécurité aux menaces hybrides, des problèmes maritimes à la lutte contre le terrorisme », a-t-il ajouté.
« La participation, autant que possible, des alliés de l'OTAN, non membres de l'UE à l'instar de la Turquie, dans les initiatives telle que la coopération de structure permanente (PESCO) est nécessaire », a souligné Ildem, indiquant la nécessité pour l'OTAN de préserver son titre d'organisation fondamentale pour la défense commune de l'Europe.
- « La Turquie est un allié important de l'OTAN »
L'ambassadeur Ildem, également responsable de la diplomatie publique, a fait part de ses observations concernant les relations entre la Turquie et l'OTAN ainsi que la perception générale qui existe au sein de la communauté turque à propos de l'implication de la Turquie à l'OTAN.
« Depuis 1952, la Turquie est un membre important de l’OTAN, elle demeure un allié qui apporte une contribution précieuse à l’Alliance dans une zone géographique critique. De son côté, l'OTAN soutient également la Turquie, dans le cadre des mesures de sécurité, à travers le soutien accordé dans la défense aérienne et les systèmes de défense antimissile. Aucun autre allié n'a autant souffert du terrorisme que la Turquie. L'OTAN participe solidairement à la lutte contre tous les types de terrorisme », a-t-il déclaré.
Soulignant que la position de la Turquie doit être prise en considération dans les débats publics, Ildem a indiqué que les décisions de l'OTAN sont adoptées à l’unanimité.
Comme chacun des alliés, la Turquie exprime ses opinions et ses craintes au regard de ses intérêts nationaux et joue un rôle important dans la prise de décision, a-t-il partagé.
« Nous devons rappeler que l'ensemble des décisions importantes de l'Alliance sont adoptées dans le cadre des sommets auxquels participent les chefs d’État et de gouvernement et que la Turquie se trouve également autour de la table où les décisions sont soumises à l'approbation. C'est pourquoi il ne serait pas correct de considérer l'OTAN comme une structure à laquelle la Turquie est étrangère. L'OTAN est composée d'États membres et ses actions découlent de la volonté de tous les pays membres. En pratique, l'OTAN ne peut prendre de décision malgré un allié », a-t-il conclu.