Seda Sevencan,Efe Özkan,Gizem Nisa Çebi Demir
23 Septembre 2025•Mise à jour: 24 Septembre 2025
AA / Istanbul / Seda Sevencan, Efe Ozkan et Gizem Nisa Demir
S’adressant mardi à l’Assemblée générale des Nations Unies, le président turc a exhorté « tous les dirigeants du monde à se tenir fermement aux côtés des Palestiniens opprimés aujourd’hui au nom de l’humanité ».
« Ici, je lance un appel sincère à tous les chefs d’État et de gouvernement. Aujourd’hui est le jour. Aujourd’hui est le jour de se tenir droit aux côtés des Palestiniens opprimés au nom de l’humanité. Alors que vos peuples réagissent face à la barbarie à Gaza, ayez le courage d’aller jusqu’au bout », a déclaré Recep Tayyip Erdogan.
« Aujourd’hui, nous sommes également ici à cette tribune pour parler au nom du peuple palestinien, dont les voix sont réduites au silence, aux côtés de nos propres citoyens », a-t-il ajouté.
Erdogan a remercié tous les pays qui ont reconnu la Palestine jusqu’à présent, et a appelé ceux qui ne l’ont pas encore fait « à agir sans délai ».
Le président turc a rappelé que, depuis 23 mois, Israël tue un enfant chaque heure à Gaza, soulignant : « Ce ne sont pas des chiffres, mais des innocents. »
« Chaque jour, 2,5 millions de Gazaouis vivant sur 365 kilomètres carrés sont déplacés, contraints de fuir vers une autre zone », a-t-il poursuivi.
« De petits enfants innocents, âgés de seulement 2 ou 3 ans, sans mains, sans bras ou sans jambes, sont malheureusement devenus une image ordinaire de Gaza aujourd’hui », a-t-il dit.
Tenant dans ses mains la photo d’un enfant au bord de la famine, Erdogan a interrogé :
« Quelle conscience peut supporter cela, quelle conscience peut rester silencieuse devant cela ? Peut-il y avoir la paix dans un monde où des enfants meurent de faim, faute de médicaments ? »
« Ici, en Amérique, en Europe, partout dans le monde, lorsqu’une petite épine pique la main d’un enfant, le cœur des parents est profondément meurtri ; mais à Gaza, les mains, les bras et les jambes des enfants doivent être amputés sans anesthésie. Soyons clairs : c’est le point le plus bas de l’humanité. L’histoire humaine n’a pas connu une telle barbarie au cours du dernier siècle. Tout se déroule sous nos yeux. Le génocide à Gaza est diffusé en direct à chaque instant par les médias et les réseaux sociaux », a insisté le président turc.
- Une occupation "sous prétexte"
En réalité, « il n’y a pas de guerre à Gaza », a-t-il affirmé, soulignant que l’armée israélienne utilise les armes les plus modernes et les plus meurtrières contre des civils innocents.
Erdogan a déclaré que l’occupation d’Israël, sous le prétexte des événements du 7 octobre 2023, n’est pas une lutte contre le terrorisme, mais « une politique de déportation, d’exil, de génocide et de massacres de masse ».
« Israël ne se limite pas à Gaza et à la Cisjordanie ; en menant des attaques contre la Syrie, l’Iran, le Yémen et le Liban, il menace également la paix régionale », a-t-il ajouté.
Le dirigeant turc a argué qu’Israël « a complètement perdu le contrôle » après son attaque contre le Qatar plus tôt ce mois-ci, prouvant que le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, « n’a aucune intention de rechercher la paix ni de libérer les otages ».
Il a estimé que les attaques israéliennes ont relégué au second plan les droits humains fondamentaux, les droits des femmes et des enfants, ainsi que la liberté d’expression, de manifestation, l’égalité et la justice.
Obsédée par ce qu’elle appelle la « terre promise », l’administration israélienne mine la paix régionale et les acquis communs de l’humanité par sa politique expansionniste, a poursuivi Erdogan.
« À Gaza, un cessez-le-feu doit être instauré immédiatement, les attaques doivent cesser, et l’accès sans entrave à l’aide humanitaire doit absolument être garanti », a-t-il plaidé.
Les responsables du génocide devront répondre de leurs actes devant le droit international, ce qui « arrivera certainement », a-t-il affirmé. « Ceux qui ne s’élèvent pas et ne prennent pas position contre la barbarie à Gaza sont complices de cette sauvagerie. »
Dans son discours, Erdogan a attiré l’attention de la communauté internationale sur les actions d’Israël à Gaza, présentant des photographies prises par Anadolu comme preuves du génocide en cours.
*Traduit de l'anglais par Ben Amed Azize Zougmore