Peter Kenny
12 Janvier 2024•Mise à jour: 12 Janvier 2024
AA / Genève / Peter Kenny
Les risques pour la santé publique mondiale liés au virus COVID-19 restent élevés, mais ils ne sont pas apparents, alors que le nombre de décès a chuté de façon spectaculaire depuis deux ans, a déclaré, vendredi, une experte de l'OMS en matière de lutte contre les pandémies.
"Les risques pour la santé publique liés à la COVID-19 restent considérables, et ce, à l'échelle mondiale. Un agent pathogène sévit dans tous les pays", a déclaré le Dr Maria Van Kerkhove, responsable de l'unité des maladies émergentes à l'OMS, lors d'une conférence de presse.
Elle a précisé que "les données basées sur les cas rapportées à l'OMS ne sont pas un indicateur fiable, et ce depuis quelques années déjà".
Certaines données provenant de plusieurs pays pourraient indiquer que le virus a disparu. Or, ce n'est pas le cas.
Les données de l'OMS montrent que le nombre de cas signalés dans le monde au cours des 28 derniers jours s'élève à 286 562, tandis que le nombre de décès dans le monde en un peu plus de deux ans est supérieur à sept millions.
Selon Van Kerkhove, la circulation réelle de la maladie est de deux à dix-neuf fois supérieure à ce qui est rapporté.
"Le virus circule donc. Et ce qui est problématique à l'heure actuelle, c'est que le virus continue sa mutation", a déclaré la responsable de l'OMS, deux ans après l'apparition de la maladie, en ajoutant : "Nous avons un virus qui va continuer à muter à mesure que nous le laissons circuler rapidement".
Toutefois, le nombre de décès a considérablement diminué depuis le pic atteint il y a quelques années, mais on compte encore quelque 10 000 décès par mois.
"Il ne s'agit là que de données provenant de 50 pays. Parmi les 10 000 décès signalés en décembre, plus de la moitié proviennent des États-Unis d'Amérique et 1 000 d'Italie", a déclaré Van Kerkhove.
Et d'ajouter que l'OMS ne recense pas les décès survenus dans les pays du monde entier parce que ces derniers ne les signalent pas.
"Mais cela ne signifie pas que les patients ne meurent pas (...) Nous avons enregistré respectivement une augmentation de 42 % des hospitalisations et de 62 % des admissions dans les unités de soins intensifs en comparant les données de décembre à celles de novembre", a déclaré Van Kerkhove, précisant que les données de janvier n'étaient pas prises en compte.
"Avec les fêtes de fin d'année et les célébrations du Nouvel An, nous nous attendons à ce que ces statistiques progressent davantage", a conclu le Dr Van Kerkhove.
*Traduit de l’Anglais par Mourad Belhaj