Mounir Bennour
13 Avril 2023•Mise à jour: 18 Avril 2023
AA / Paris / Mounir Bennour
L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a affirmé, par voie de communiqué rendu public dans la journée du mardi, qu’une "montée en puissance de la production et des échanges internationaux de matières premières critiques est nécessaire pour satisfaire à la demande prévue au service de la transition verte et atteindre les objectifs mondiaux de neutralité des émissions de CO2".
Or, les prix de plusieurs matières premières critiques n’ont jamais subi une aussi importante flambée sur fond de pandémie de coronavirus et du conflit russo-ukrainien. Et selon l’OCDE, "La production et les échanges internationaux des matières premières les plus essentielles, qui ont pourtant progressé rapidement au cours de la dernière décennie, n’arrivent plus à suivre les prévisions de demande relatives aux métaux et aux ressources minérales nécessaires pour transformer l’économie mondiale".
Le même communiqué a rapporté les déclarations du Secrétaire général de l’OCDE, Mathias Cormann, qui a affirmé que "Relever le défi de la neutralité des émissions de CO2 nécessitera une nette montée en puissance de la production et des échanges internationaux de matières premières critiques".
Et d’ajouter : "Les responsables de l’action publique doivent examiner de près la façon dont la concentration de la production et des échanges ainsi que le recours accru aux restrictions à l’exportation influent sur les marchés internationaux des matières premières critiques. Nous devons veiller à ce qu’aucune pénurie de matières ne nous empêche de tenir nos engagements climatiques".
Selon l’OCDE, les restrictions à l’exportation de matières premières critiques ont été multipliées par 5 entre 2009 et 2020. La Chine, l’Inde, l’Argentine, la Russie, le Viet Nam et le Kazakhstan comptent parmi les pays qui ont imposé le plus de restrictions à l’export. Le phénomène est tel, d’après l’OCDE, que "10 % des exportations mondiales de matières premières critiques font désormais face à au moins une mesure de restriction à l’exportation".
L’organisation estime que ces mesures agissent tant sur les prix que sur la disponibilité des matières premières critiques dans les marchés mondiaux, mais qu'elles pourraient avoir des retombées négatives, notamment sur les secteurs minier et extractif, dans les pays producteurs.