Ümit Dönmez
25 Février 2025•Mise à jour: 26 Février 2025
AA / Paris / Ümit Dönmez
Laure Beccuau, procureure de la République de Paris, a affirmé ce mardi 25 février que Mohamed Amra serait extradé vers la France "extrêmement rapidement". Arrêté le 22 février à Bucarest, en Roumanie, le narcotrafiquant de 30 ans avait tenté de contester cette remise, mais son recours ne semble pas ralentir la procédure.
Sur l’antenne de France Info, la magistrate a précisé que la décision de remise était "définitive" et qu’aucun recours ne pouvait remettre en cause les délais fixés. "Il m'a été confirmé que nul recours, y compris un pourvoi, n'était susceptible de modifier la possibilité des délais de remise", a-t-elle déclaré.
Dès son interpellation, Mohamed Amra avait dans un premier temps fait savoir, par l'intermédiaire de son avocate, qu’il acceptait son extradition vers la France dans un délai de 30 jours. Le ministre français de la Justice, Gérald Darmanin, avait alors exprimé son espoir d’un retour "dans moins de dix jours".
Son arrestation a marqué un tournant dans l'enquête sur son évasion spectaculaire, survenue le 14 mai 2024 au péage d’Incarville, dans l’Eure. Ce jour-là, une attaque menée par des hommes lourdement armés contre un convoi de l’administration pénitentiaire avait permis son évasion. Deux agents pénitentiaires avaient été tués et trois autres blessés lors de cette opération criminelle qui avait choqué l’opinion publique.
L’enquête, toujours en cours, a conduit ces derniers jours à l’arrestation de 14 nouvelles personnes soupçonnées d’avoir participé à sa cavale. Au total, 24 individus ont été placés en garde à vue, certains ayant été interpellés au Maroc et en Espagne, tandis que d'autres ont été extraits de détention en France.
D'après BFMTV, Mohamed Amra se trouvait à Bucarest dans l’attente d’une opération de chirurgie esthétique. L’objectif présumé de cette intervention était de changer son apparence avant de fuir en Colombie, où il espérait échapper aux autorités.
Avant son évasion, Mohamed Amra était déjà considéré comme un détenu dangereux. Connu des services de police et de justice pour une tentative d’homicide et d’autres infractions graves, il avait tenté de scier les barreaux de sa cellule deux jours avant son évasion. À la suite de cette tentative, il avait été placé en quartier disciplinaire et classé sous le niveau de surveillance "Escorte 3", l’un des plus stricts en détention.
Avec cette extradition imminente, les autorités françaises espèrent faire la lumière sur l’organisation de sa fuite et démanteler l’ensemble du réseau qui lui a permis de rester en cavale pendant plus de neuf mois.