Mourad Belhaj
17 Avril 2021•Mise à jour: 18 Avril 2021
AA / Ankara
Les gardes côtes grecs n’en finissent pas de commettre les pires exactions contre les migrants irréguliers qui tentent de rejoindre l'Europe à travers la Grèce.
Dernier forfait en date, une vidéo largement partagée sur les réseaux sociaux relate le témoignage de deux réfugiés qui ont failli être brûlés vifs par des représentants des autorités grecques.
Les deux victimes, qui ont été secourues en mer par les gardes côtes turcs, expliquent qu’elles ont quitté la ville de Çeşme en Turquie, en direction de la Grèce, avant d’être interpellés par la police grecque.
« La police grecque a confisqué nos téléphones et notre argent, puis une policière nous a demandé de quitter les lieux », a témoigné l’un des migrants.
Et d’ajouter : « Ensuite la policière a apporté de l’essence et nous a aspergés avant de mettre le feu ». Les deux migrants qui montraient les traces de leurs brulures à la caméra ont rapporté que les policiers grecs leur auraient dit : « Vous avez été brulés parce que vous ne voulez pas repartir en Turquie ».
Les deux hommes ont également affirmé que les gardes côtes grecs ont trainé leur embarcation vers le large, et les ont ainsi abandonnés en pleine mer.
La vidéo qui a été relayée sur les réseaux sociaux, a notamment été retwittée par le ministre turc de l’intérieur, Süleyman Soylu, avec le commentaire suivant : « Les forces de l'ordre grecques tentent de brûler les gens, en les aspergeant d'essence, ce qui laisse présager un massacre sous l'égide de l'Europe ».
Et le ministre turc de renchérir : « L'Europe entrera dans l'histoire comme l'instigatrice de cette situation délétère, en favorisant la Grèce et en gardant le silence sur ce qui se passe là-bas ».
Les autorités grecques obligent régulièrement des embarcations de migrants à s’éloigner de leurs côtes, les contraignant à se diriger vers les eaux territoriales turques.
Pas plus tard que vendredi soir, les garde-côtes turcs ont secouru 110 migrants irréguliers repoussés vers les eaux turques par la Grèce, à Canakkale, dans le nord-ouest de la Turquie, ainsi que 26 autres abandonnés en mer à bord d’une embarcation de fortune au large d’Izmir.