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18 Mars 2022•Mise à jour: 18 Mars 2022
AA/Paris
Emmanuel Macron a dévoilé jeudi son programme pour un deuxième mandat s’il est réélu en avril prochain à la tête de l’État français.
Parmi les annonces du président, candidat à sa propre succession, figurent un certain nombre de points relatifs à la défense et à la sécurité.
Il a, en particulier, souligné le besoin de renforcer les forces armées françaises, « pour pouvoir affronter une guerre de haute intensité qui peut revenir en Europe ».
Ce qui demande une forte augmentation des budgets alloués à l’armée et à la défense.
Une autre mesure, beaucoup plus sujette à débats, c’est celle de l’allongement de l’âge de départ à la retraite que Macron veut porter à 65 ans.
Suite à ces annonces, l’Agence Anadolu (AA) a voulu mesurer la réaction des Français.
Céline L., jeune maman vivant à Strasbourg, a bien voulu répondre aux questions du correspondant de l’AA.
La jeune femme se présente comme « faisant partie de la classe moyenne », tout en reconnaissant avoir parfois des difficultés à terminer le mois.
« Il est certain qu’avec la guerre entre la Russie et l’Ukraine, le sujet de l’armée est revenu au centre des débats. Si nos forces armées n’ont plus les moyens de répondre à une menace sérieuse, il faut la renforcer », estime Céline, tout en affichant son opposition à la guerre.
Cependant, la Strasbourgeoise refuse que cet argument soit un prétexte pour limiter voire diminuer les budgets pour d’autres secteurs comme l’emploi ou la santé, rappelant les difficultés rencontrées ces deux dernières années face au coronavirus.
« Ce que j’ai aussi retenu des annonces de Macron, c’est le recul de l’âge de la retraite. J’y suis sérieusement opposée. Je craints qu’au fur et à mesure du temps qui passe, je devrais attendre les 70 ans pour pouvoir bénéficier d’une pension retraite suffisante », a-t-elle dit.
La question de la retraite fait beaucoup réagir.
C’est aussi le cas de Youssef M., qui travaille dans la restauration à Dijon. Étant encore un novice dans le monde du travail, savoir qu’il va devoir travailler encore de longues années pour peut-être toucher une retraite convenable, le jeune homme se dit désabusé par « l’incapacité des politiques à apporter une autre réponse » à la question des retraites en dehors de celle de repousser l’âge de départ.
« Personnellement je n’ai pas de solution, mais ils [les femmes et hommes politiques] sont sensés pouvoir le faire, sinon pourquoi sollicitent-ils nos voix », a-t-il lancé.
« J’ai récemment entendu dire que certains pays comme la Belgique veulent passer à la semaine de 4 jours. Il parait que ça peut aider à lutter contre le chômage par exemple. C’est peut-être une bonne piste à essayer », a-t-il dit, pensant que ça peut aussi changer la donne pour l’âge de la retraite.
De son côté, Paul B., la cinquantaine bien entamée, chauffeur de bus dans la région parisienne, avoue ne pas avoir entièrement étudié le programme du président, mais il s’inquiète surtout pour les mesures qui viseront les aides sociales.
Il a retenu le projet de conditionner le RSA (revenu de solidarité active) à un certain nombre d’heures de travail par semaine, et la réforme de Pôle Emploi.
« Sİ le RSA est modifié de la sorte, quelle sera la différence avec une allocation chômage classique ? », s’interroge-t-il.
Paul regrette que tous les gouvernements qui se succèdent se ressemblent.
« Ils veulent tous faire passer les personnes dans le besoin pour des fautifs », a-t-il dit, « alors que les mesures fiscales en faveur des plus riches sont toujours appliquées ».
Il craint un recul du caractère social de l’État français.
« Les familles dans le besoin auront de plus en plus de mal à s’en sortir, si ça continue comme ça », a-t-il avancé, « encore plus avec la flambée des prix des carburants et des produits alimentaires ».
Le constat dans les rues françaises est le même : le programme de Macron ne fait pas renaître l’espoir d’un avenir meilleur.