Ümit Dönmez
09 Mai 2025•Mise à jour: 09 Mai 2025
AA / Paris / Ümit Dönmez
« Il est temps de refuser la haine, temps d’écouter, d’échanger, d’agir, de construire un avenir de paix, de justice, de sécurité pour toutes et pour tous, en Israël, en Palestine, comme dans la région tout entière », a déclaré Emmanuel Macron dans une vidéo publiée ce vendredi sur les réseaux sociaux officiels de l’Élysée.
Face caméra, le Président français s'est adressé aux participants du « Sommet des peuples pour la paix », organisé par la coalition « It's Time » et l'Alliance pour la paix au Moyen-Orient, qui rassemble plus de 160 organisations israéliennes et palestiniennes œuvrant pour la paix et l'égalité.
Dans son message, Macron a salué la mobilisation de milliers de personnes « unies par une même exigence morale, la paix et la coexistence », et a exprimé sa solidarité envers ceux qui, malgré les violences, choisissent le camp de la paix.
Le président a évoqué les souffrances causées par les attaques du 7 octobre 2023 et la tragédie qui s'est abattue sur les Palestiniens à Gaza, soulignant que « les pertes d'amis, de proches, de membres de famille, les otages encore détenus sont autant de souffrances immenses et injustifiées ».
Il a également mentionné son récent déplacement auprès des blessés de Gaza recueillis dans les hôpitaux d'Al Arish en Égypte, affirmant : « Je pense à celles et ceux, et à toutes les familles de Gaza sous les bombes, qui ont perdu tant d'êtres chers et qui sont aujourd'hui dans l'angoisse de pouvoir manger, être soignés, retrouver leurs déplacés au cours de combats, ou pouvoir parfois les enterrer dignement. »
Emmanuel Macron a réaffirmé l'engagement de la France aux côtés des bâtisseurs de paix, annonçant la co-présidence, en juin, d'une conférence internationale avec l'Arabie saoudite pour la mise en œuvre de la solution des deux États.
Il a précisé que cette initiative repose sur plusieurs conditions : la libération des otages, la démilitarisation du Hamas, une autorité palestinienne réformée et une société civile active.
- Catastrophe humanitaire à Gaza
Pour rappel, Israël bloque, depuis le 2 mars, l’entrée de toute aide humanitaire dans la bande de Gaza, invoquant des raisons de sécurité. Ce blocus a été condamné par plusieurs ONG, dont Médecins du Monde, Oxfam et le Norwegian Refugee Council, qui alertent sur un "effondrement total" de l’aide humanitaire et dénoncent "l’un des pires échecs humanitaires de notre génération". Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a récemment réaffirmé qu’"aucune aide humanitaire n’entrera à Gaza".
Depuis la reprise des hostilités le 18 mars 2025, les attaques israéliennes ont causé la mort de près de 3 000 Palestiniens, portant le bilan total à Gaza à près de 53 000 morts, depuis le début du conflit en octobre 2023 suite à une attaque du Hamas. La majorité des victimes palestiniennes sont des civils, notamment des enfants et des femmes. Malgré l'annonce de cessez-le-feu, les violations persistent, aggravant la situation humanitaire déjà critique.
Pour rappel, la Cour internationale de Justice (CIJ) a ordonné à Israël, le 26 janvier 2024, de prévenir tout acte de génocide à l'encontre des Palestiniens à Gaza et de permettre l'accès à l'aide humanitaire. De son côté, la Cour pénale internationale (CPI) a émis, le 21 novembre 2024, plusieurs mandats d'arrêt, notamment contre le premier ministre israélien Benyamin Netanyahu pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre commis dans la bande de Gaza.