Fawzia Azzouz
18 Février 2020•Mise à jour: 18 Février 2020
AA - France - Fawzia Azzouz
Le Président français, Emmanuel Macron a annoncé, mardi au cours d'un discours tenu depuis Mulhouse (nord-est) où il était en visite officielle, la fin progressive du "système des imams détachés".
Cette mesure vise principalement la Turquie, le Maroc et l'Algérie qui envoient des imams parfois pour des périodes allant jusqu'à 4 à 5 ans, pour pallier au manque criant dans les mosquées françaises.
Le chef de l'État s'est attelé à dénoncer un prétendu "séparatisme islamiste" qui remettrait en cause les principes républicains dans certains quartiers.
"Nous devons reprendre le contrôle et lutter contre les influences étrangères", a d'emblée lancé le Président français, plaidant pour "un financement transparent des lieux de culte".
Le Président a par ailleurs indiqué que le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner a demandé au Conseil Français du culte musulman (CFCM) de "s'organiser, former et certifier" les imams qui prêchent sur le territoire français.
Il a ensuite poursuivi ses annonces en attaquant la Turquie au sujet des professeurs déployés dans les écoles pour apprendre les langues étrangères.
Ses attaques sont motivées par le fait qu'un accord n'a pas encore pu être trouvé avec Ankara au sujet de l'envoi de ces professeurs.
À ce propos, Emmanuel Macron indique que "si aucune solution n'est trouvée avec la Turquie", Paris mettra fin au protocole pour trouver ses propres enseignants et son propre système d'apprentissage du turc.
"À tous les citoyens d'origine turque : ils sont pleinement Français et je veux qu'ils soient traités comme tous les Français mais aussi qu'ils aient les mêmes devoirs que les Français", a-t-il enfin lancé à l'attention des franco-turcs du pays.
Si son cheval de bataille était initialement orienté comme le "communautarisme", l'Élysée a fait un rapide glissement sémantique en parlant désormais de "séparatisme islamiste".
Les mesures qu'il souhaite voir adoptées et qu'il a présentées durant son allocution, visent pourtant ouvertement les musulmans, l'organisation de leur culte ou encore l'apprentissage de leur potentielle langue d'origine.