Bilal Müftüoğlu
14 Décembre 2015•Mise à jour: 15 Décembre 2015
AA - Paris - Bilal Muftuoglu
Daech cherche à "pénétrer vers l'intérieur" de la Libye, pour avoir accès aux réserves de pétrole du pays, a affirmé lundi le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian.
Déjà actif sur 250 kilomètres linéaires des côtes libyennes, et aux alentours de la ville de Syrte, Daech commence à "pénétrer vers l'intérieur et à avoir (une) tentation d'accès à des puits de pétrole et des réserves de pétrole", a noté Le Drian, s'exprimant sur la radio RTL.
Le groupe terroriste chercherait à étendre son contrôle jusqu'à Ajdabiya, à 350 km de Syrte, où se concentrent la plupart des champs pétroliers de la Libye.
Daech s'était installé en Libye, profitant de la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, qui a donné lieu à des combats sanglants entre groupes armés rivaux. Elle perdure à la faveur d'un profond antagonisme, matérialisé par une fracture politique et géographique de deux gouvernements et deux parlements concurrents.
Il détient notamment deux enclaves, dont Syrte et Derna, et compterait entre 2 000 et 3 000 de combattants dans le pays, selon des estimations relayées par des observateurs de la région.
Evoquant ces combats entre groupes armés rivaux, le ministre français a estimé, "Il faut absolument que cessent les conflits intralibyens sinon le vainqueur militaire ce sera Daech".
"Heureusement, cette prise de conscience commence à se faire à la fois du côté de Tripoli et du côté de Tobrouk et on peut penser que les discussions qui sont en cours à la fois sous l'autorité de Martin Kobler, l'envoyé spécial des Nations unies, et dans les réunions de Rome, y compris ce week-end, vont aboutir à une solution politique", a-t-il poursuivi.
La conférence de Rome, tenue dimanche dernier, résulte par "un consensus inédit sur la signature d’un accord du gouvernement d’union nationale, mercredi prochain et un appui unanime de la part des participants", selon le ministre italien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Paolo Gentiloni.
L'importance de cette conférence résidait dans le fait qu’elle s'est tenue avant que les parties libyennes ne signent, un accord, mercredi prochain. L’événement est donc considéré comme étant l’expression d’un soutien international à l’accord attendu.