Majdi Ismail
17 Février 2021•Mise à jour: 17 Février 2021
AA/ Beyrouth
Le Secrétaire général du Mouvement du Hezbollah libanais, Hassan Nasrallah, a récusé mardi les accusations portées à l’encontre de son parti concernant l'assassinat du dissident chiite Lokman Slim, faisant allusion à l'implication d'Israël dans cet incident.
Le 4 février dernier, Slim, militant de premier plan et l'un des opposants les plus farouches au Hezbollah chiite pro-iranien, a été retrouvé mort dans sa voiture, près du village al-Adoussia, dans le Liban-Sud. Les investigations sur cet assassinat sont toujours en cours.
Nasrallah a déclaré, dans une allocution télévisée diffusée par des médias locaux, que les accusations portées par des parties politiques et médiatiques à l’encontre du Hezbollah, concernant l'assassinat de Slim, « sont en dehors de toutes les normes et lois ».
Le dirigeant chiite a fait allusion à la possibilité d'une implication israélienne dans cet assassinat, soulignant qu'Israël « peut assassiner n'importe qui pour servir son projet ».
L’homme fort du Hezbollah considère la menace d'internationaliser la crise du Liban au niveau onusien, comme un «appel à la guerre et à la convocation des forces d'occupation (sans les nommer)», avertissant que cela «pourrait être dans l'intérêt d'Israël».
Des responsables libanais ont lancé récemment des appels à l'intervention des Nations Unies, parmi lesquels le patriarche maronite, Béchara Boutros Raï, qui a appelé plus d'une fois à tenir une conférence internationale pour le Liban.
Concernant le blocage de la formation du nouveau gouvernement libanais, Nassrallah a déclaré: « Il est injuste d'en faire endosser la responsabilité au président libanais, Michel Aoun », exprimant son étonnement vis-à-vis de l’insistance de former un gouvernement de 18 ministres.
Le Premier ministre libanais désigné, Saad Hariri, avait assuré dimanche qu'il ne renoncerait pas à former un gouvernement de spécialistes, plus de deux mois après avoir présenté une formation gouvernementale composée de 18 ministres au Président de la République, Michel Aoun, qui a par la suite annoncé son rejet.
Le Liban est en proie à une forte polarisation politique et endure une crise économique qui est la pire depuis la guerre civile (1975-1990), exacerbée par les répercussions de la pandémie du coronavirus et l'explosion catastrophique du port de Beyrouth, qui ont engendré des pertes humaines conséquentes et accentué la détérioration de l’économie, selon des observateurs.
*Traduit de l’arabe par Majdi Ismail