Islam Uddin
23 Janvier 2025•Mise à jour: 23 Janvier 2025
AA/Ankara/Islam Uddin
L'ex-ministre sud-coréen de la Défense, Kim Yong-Hyun, a révélé jeudi que le président destitué Yoon Suk Yeol avait ordonné la mobilisation de troupes dans le cadre d'une tentative d'imposition d'une loi martiale brève le mois dernier.
Lors de sa déposition devant la Cour constitutionnelle à l'occasion de la quatrième audience sur la destitution de Yoon, Kim a indiqué avoir proposé la mobilisation de jusqu'à 60 000 soldats, mais que le président avait décidé de n'en déployer qu'un "petit nombre", selon l'agence de presse Yonhap.
"Ce n'était pas ce que j'avais envisagé, mais étant donné que c'était un ordre du président Yoon, je l'ai respecté et préparé en conséquence.
J'avais des doutes sur la faisabilité de la loi martiale, c'est pourquoi j'ai demandé au président : 'Est-ce vraiment de la loi martiale ?'", a-t-il déclaré devant la cour.
Kim, actuellement détenu dans un centre de détention, a été le premier membre du gouvernement de Yoon à être inculpé le mois dernier pour son rôle présumé dans la déclaration de la loi martiale du 3 décembre.
De son côté, Yoon, qui a assisté jeudi à sa deuxième audience devant la Cour constitutionnelle dans le cadre de son procès en destitution, a été reconduit au centre de détention de Séoul.
Parallèlement, l'agence anti-corruption sud-coréenne a déposé une demande auprès des procureurs pour l'inculpation de Yoon, en lien avec sa tentative de loi martiale avortée. Le Bureau d'investigation sur la corruption des hauts fonctionnaires (CIO) a demandé que Yoon soit accusé de tentative de soulèvement et d'abus de pouvoir, tout en transférant l'affaire au parquet.
Yoon, qui a plongé la Corée du Sud dans sa plus grave crise politique moderne avec sa déclaration de loi martiale du 3 décembre, fait face à des accusations de tentative de soulèvement.
Actuellement détenu au centre de détention de Séoul, il doit également répondre devant la Cour constitutionnelle pour savoir si sa destitution par l'Assemblée nationale sera validée ou annulée.
La cour doit se prononcer sur l'affaire dans un délai de 180 jours, débutant le 14 décembre, date à laquelle l'Assemblée nationale a voté la destitution de Yoon.
Si sa destitution est confirmée, le président déchu sera révoqué de ses fonctions, entraînant la tenue d'une élection anticipée dans les 60 jours. En revanche, si la décision est annulée, il sera réintégré à son poste.
Traduit de l'anglais par Sanaa Amir