Aksil Ouali
13 Avril 2026•Mise à jour: 13 Avril 2026
AA/Alger/Aksil Ouali
Le Pape Léon XIV entame ce lundi, sa visite de deux jours en Algérie et lance une série de messages appelant à la paix et la justice. Arrivé en début de matinée à Alger, il a été accueilli à l’aéroport par le président, Abdelmadjid Tebboune avant de prendre la direction du sanctuaire des martyrs de la guerre de libération de l’Algérie où il a déposé une gerbe de fleur.
Sur place, le souverain pontife a prononcé son premier discours de la journée. Un discours entamé par des salutations au peuple algérien : « Essalam Alaykoum (Que la paix soit avec vous tous, en arabe) ». Affirmant qu’il est venu « en pèlerin », le pape a exprimé sa proximité avec les algériens qu’il décrit comme «un peuple fort et jeune», marqué par «l’hospitalité et la fraternité».
« En vous regardant, je vois le visage d’un peuple fort et jeune, dont j’ai déjà eu plusieurs fois l’occasion d’expérimenter l’hospitalité et la fraternité. Dans le cœur algérien, l’amitié, la confiance, la solidarité ne sont pas simplement des mots, mais des valeurs qui comptent et qui donnent chaleur et solidité à la vie commune », a-t-il déclaré.
Dans la foulée, il a évoqué l’histoire du pays, «riche en traditions, depuis l’époque de saint Augustin et bien avant». L’Algérie, a-t-il rappelé, a aussi «une histoire douloureuse, marquée par des périodes de violence», que le peuple a su surmonter «avec courage et honnêteté». Dans ce lieu de mémoire, il a rendu hommage «à l’âme d’un peuple qui s’est battu pour l’indépendance, la dignité et la souveraineté nationale».
Le pape a insisté aussi sur la nécessité d’une paix véritable : «Dieu souhaite la paix pour toutes les nations». Mais cette paix ne peut être superficielle, elle n’est pas seulement «une absence de conflit, mais l’expression de la justice et de la dignité».
Et d’ajouter : « Cette paix, qui permet d’envisager l’avenir avec un esprit réconcilié, n’est possible que par le pardon. La véritable lutte pour la libération ne sera définitivement gagnée que lorsque la paix des cœurs aura enfin été conquise». Soulignant la difficulté d’un tel chemin qui conduit au pardon véritable, le pape a néanmoins averti : «On ne peut pas ajouter du ressentiment au ressentiment, de génération en génération».
Ensuite Léon XIV s’est déplacé au siège de la présidence algérienne où il s’est entretenu avec le chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune. Les deux hommes se sont ensuite déplacés à la Grande Mosquée d’Algérie où ils ont également prononcé des discours devant 1400 invités.
Dans un second discours, le souverain pontife a plaidé pour une culture de la rencontre, une justice plus équitable et un rôle actif dans la construction d’un monde plus solidaire. Il a aussi invitée à devenir un acteur du changement. «Si vous savez dialoguer avec les aspirations de tout le monde et vous montrer solidaires avec les souffrances de nombreux pays, proches ou lointains, votre expérience pourra contribuer à imaginer et à instaurer une plus grande justice entre les peuples», a recommandé le Pape américain.
Léon XIV a également dénoncé les «violations constantes du droit international» et les «nouvelles tentations coloniales», appelant à une solidarité accrue entre les peuples. « Ce n’est pas en multipliant les incompréhensions et les conflits, mais en respectant la dignité de chacun et en vous laissant toucher par la souffrance d’autrui, que vous pourrez devenir les acteurs d’un nouveau cours de l’histoire, aujourd’hui plus urgent que jamais, face aux violations constantes du droit international et aux nouvelle tentations coloniales », a-t-il insisté.
S’adressant aussi aux autorités algériennes, le pape les a invitées « à encourager une société civile dynamique et inclusive ». « Les Autorités sont appelées non pas à dominer, mais à servir le peuple et son développement. Le critère de l’action politique réside donc dans la justice, sans laquelle il n’y a pas de paix authentique, et s’exprime par la promotion de conditions équitables et dignes pour tous », a-t-il lancé.
Après ses deux étapes, le souverain pontife s’est rendue à la basilique de Notre dame d’Afrique à Alger pour y est rencontrer les fidèles et rendre hommage aux 19 responsables de l’église assassinés durant la décennie 1990 en Algérie par des groupes terroristes. Mardi, il prendra l’avion pour se rendre à Annaba (Est algérien) pour revisiter les lieux où a vécu son père spirituel et penseur, Saint Augustin.