AA/Karachi (Pakistan)/ Aamir Latif
Le Pakistan a cédé à la pression de la puissante armée du pays en levant, mercredi, une interdiction de facto de la peine de mort, au lendemain de la tragédie de l’école militaire de Peshawar.
«Le chef des armées a exprimé ses réserves concernant la non application de la peine capitale à l’encontre des personnes reconnues coupables de terrorisme. Par conséquent, j’ai approuvé la levée de l’interdiction de la peine de mort pour les affaires de terrorisme. Maintenant, les terroristes déjà reconnus coupables par des tribunaux pourraient être pendus» a déclaré le Premier ministre pakistanais, Nawaz Sharif, lors d’une conférence de presse associant toutes les parties, à Peshawar.
Bien que la peine capitale n’ait pas été officiellement abolie au Pakistan, aucune exécution n’avait eu lieu depuis 2008, conformément à une condition émise par l’Union Européenne pour autoriser le commerce avec le Pakistan.
D’après les statistiques du ministère de l’Intérieur, environ 8000 détenus sont en attente d’être pendus, mais la levée de l'interdiction de la peine capitale ne concerne que les criminels reconnus coupables de terrorisme.
Au moins cent-quarante-et-une personnes ont été tuées, en majorité des étudiants, et plus de cent-vingt-deux autres blessées par des hommes armés lors d'une attaque contre le siège d’une école militaire de la ville nord-occidentale du Pakistan, Peshawar.
Le principal réseau Taliban du Pakistan, Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP), a revendiqué l’attaque en la qualifiant de «réponse» aux opérations militaires du gouvernement contre les Talibans dans la région tribale du Waziristân du Nord.
D’autres factions Talibanes ont cependant vivement critiqué l’attentat.
«Nous condamnons vigoureusement cette horrible attaque. Nous n’avons jamais fait partie du TTP et nous ne soutenons pas ses activités terroristes» a déclaré le porte-parole du groupe Hafiz Gul Bahadur, connu comme le puissant réseau Haqqani, qui mène des attaques contre les forces étrangères en Afghanistan.