Beyza Binnur Dönmez
31 Janvier 2026•Mise à jour: 31 Janvier 2026
AA / Genève / Beyza Binnur Donmez
Le ministère des Affaires étrangères du Monténégro a annoncé vendredi avoir convoqué l'ambassadeur de Serbie pour un entretien suite à la publication, sur un compte de réseau social officiel lié au gouvernement serbe, de commentaires remettant en question le statut de la langue serbe au Monténégro.
Dans un communiqué publié sur la plateforme américaine X, le ministère a indiqué que l'ambassadeur Nebojsa Rodic avait été convoqué après la publication, qualifiée d'« inappropriée », du compte « Serbia in English », géré par le Bureau serbe de la diplomatie publique et culturelle.
« Lors de la réunion, il a été souligné que de tels propos sont inacceptables, car ils concernent des questions relevant exclusivement du cadre constitutionnel et juridique du Monténégro », a précisé le ministère.
Lors de la réunion, l'ambassadeur a été informé que, conformément à l'article 13 de la Constitution du Monténégro, le serbe est la langue officielle, confirmant ainsi le respect des droits de tous les citoyens, a déclaré le ministère. Il a ajouté que l'article 10 de la Constitution de la République de Serbie établit le même principe constitutionnel.
Le ministère a indiqué que le Monténégro « attend d'une communication interétatique officielle qu'elle contribue à la stabilité régionale, au respect mutuel et au renforcement de la coopération ».
Cette réaction diplomatique intervient deux jours après la publication d'un message sur le compte « Serbia in English » qui s'interrogeait sur les raisons pour lesquelles le Monténégro ne reconnaît pas le serbe comme la langue parlée par la majorité de ses citoyens, soulignant que la question relève des valeurs de l'Union européenne.
« Le Monténégro, interrogé sur les raisons pour lesquelles il ne reconnaît pas le serbe, langue parlée par 43 % de ses citoyens (langue majoritaire selon le dernier sondage), répond : “Le respect des droits linguistiques de la majorité est aussi une valeur de l'Union européenne. N'est-ce pas ?” », pouvait-on lire dans la publication.
*Traduit de l’anglais par Ayse Bashoruz