Tarek Mohammed
08 Juin 2018•Mise à jour: 08 Juin 2018
AA/New York / Mohammed Tarek
Le Conseil de sécurité des Nations Unies a approuvé, jeudi, la demande de la Turquie de diffuser, en tant que document officiel du Conseil, une lettre sur la question palestinienne rédigée par l'Ambassadeur, Feridun Sinirlioǧlu, Représentant permanent d'Ankara auprès des Nations Unies.
La présidence du Conseil de sécurité a fait parvenir aux représentants des États-membres des Nations Unies le message que Sinirlioǧlu avait prévu d'exposer lors de la réunion du Conseil sur la situation au Moyen-Orient et la Cause palestinienne de par le statut de la Turquie en tant que président du sommet de l'Organisation de la coopération islamique (OCI).
Sinirlioǧlu a exprimé, dans sa lettre dont Anadolu a eu copie, son regret à la suite "du rejet de sa demande d'être inscrit sur la liste des intervenants, conformément à l'article 37 du règlement intérieur du Conseil de sécurité, en raison de l'objection formulée par l'un des membres permanents du Conseil de sécurité".
Il a également noté, dans sa lettre adressée au Président du Conseil de sécurité (l'ambassadeur russe Vassili Nebenzia en charge de la présidence du Conseil pour le mois en cours), que "le fait d'empêcher un État-membre d'exprimer sa position (lors d'une réunion du Conseil de sécurité) sur une question importante pour sa région est contraire à la Charte des Nations Unies".
Au cours de la réunion évoquée par le Représentant permanent de la Turquie auprès des Nations Unies, les membres du Conseil ont rejeté un projet de résolution américain opposé à un projet de résolution présenté par le Koweït pour assurer une protection internationale aux Palestiniens dans les territoires occupés.
Onze Etats-membres du Conseil se sont abstenu de voter le projet de résolution des États-Unis stipulant, dans son article 1er, la nécessité de condamner le mouvement Hamas dans la Bande de Gaza. Quelques minutes plus tard, Washington a utilisé son droit de veto pour rejeter le projet de résolution du Koweït.
"L'utilisation du droit de veto par les Etats-Unis pour bloquer une décision sur la protection des civils dans la Bande de Gaza traduit l'incapacité du Conseil de sécurité à assumer sa responsabilité pour le maintien de la paix et la sécurité internationales", a souligné Sinirlioǧlu.
"Il est devenu difficile de convaincre la communauté internationale de la crédibilité et de l'utilité du Conseil de sécurité", a-t-il affirmé.
"Le fonctionnement du système de valeurs et de principes internationaux que nous avons mis en place ensemble fait face à plusieurs lacunes et subit des coups sévères. Nous devons tous y faire face et prouver la souveraineté du bon sens et du respect du droit international", a-t-il ajouté.
En conclusion, Sinirlioǧlu a noté, dans sa lettre que la Turquie et les pays de l'Organisation de la coopération islamique (OCI) "continueront à rejeter l'injustice à laquelle ils ne s'y habitueront jamais et n'abandonneront pas".