Merve Gül Aydoğan Ağlarcı
29 Septembre 2026•Mise à jour: 29 Septembre 2026
HAMILTON, Canada (AA)
Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a appelé mardi les États-Unis et la Russie à négocier un cadre destiné à succéder au traité New START, avertissant que l’augmentation des arsenaux nucléaires et l’affaiblissement des mécanismes de contrôle accroissent les risques pour la sécurité mondiale.
« Les États-Unis et la Fédération de Russie doivent négocier un cadre qui succédera à New START », a déclaré Guterres lors d’une réunion plénière de l’Assemblée générale de l’ONU organisée à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination totale des armes nucléaires.
Le traité New START a expiré plus tôt cette année, laissant, pour la première fois depuis plus d’un demi-siècle, les arsenaux nucléaires stratégiques sans limites contraignantes, selon Guterres.
« Cela compromet non seulement la sécurité de ceux qui possèdent des armes nucléaires, mais celle de l’ensemble de la communauté internationale », a-t-il déclaré.
Le New Strategic Arms Reduction Treaty (New START), ou nouveau traité de réduction des armes stratégiques, a été signé le 8 avril 2010 à Prague par les États-Unis et la Russie et est entré en vigueur le 5 février 2011. Il a remplacé le traité START I de 1991, arrivé à expiration en décembre 2009, et a succédé au traité de réduction des armements stratégiques offensifs (SORT) de 2002, qui a pris fin avec l’entrée en vigueur de New START, selon l’Arms Control Association, basée aux États-Unis.
Guterres a averti que les arsenaux nucléaires sont en cours d’expansion et de modernisation, tandis que les avancées technologiques accroissent les risques d’erreurs et de mauvais calculs.
« Les arsenaux nucléaires sont en cours d’expansion et de modernisation. Les démonstrations de force nucléaire se font de plus en plus fortes. Les avancées technologiques augmentent les risques d’erreur et de mauvais calcul », a-t-il déclaré.
Il a également évoqué l’échec à parvenir à un consensus substantiel lors de la 11e Conférence d’examen du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, ainsi que l’incapacité de la Commission du désarmement de l’ONU à formuler des recommandations substantielles au cours de son dernier cycle de trois ans.
« Il ne s’agit pas simplement de déceptions diplomatiques ce sont des signaux d’alerte. Et les voyants sont au rouge », a déclaré Guterres.
Il a affirmé que le désarmement nucléaire constitue « une obligation juridique contraignante » au titre du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires et a appelé tous les États dotés de l’arme nucléaire à réduire le rôle de ces armes dans leurs politiques de sécurité grâce à des mesures de confiance permettant d’assurer la transparence.
Le président de l’Assemblée générale de l’ONU, Khalilur Rahman, a indiqué que l’inventaire mondial s’élevait à plus de 12 000 ogives nucléaires en janvier 2026.
Il a déclaré qu’entre 2 100 et 2 200 ogives étaient maintenues en état d’alerte opérationnelle élevée sur des missiles balistiques pouvant être lancés dans un délai très court.
« Pour la première fois depuis la fin de la guerre froide, le stock mondial devrait de nouveau augmenter, alors que de nouvelles ogives plus modernes intègrent les arsenaux à un rythme plus rapide que celui auquel les anciennes sont démantelées », a déclaré Rahman.
Il a ajouté que les dépenses militaires mondiales avaient atteint près de 3 000 milliards de dollars en 2025, marquant une 11e année consécutive de hausse.
« Tant que les armes nucléaires existeront, le danger de leur utilisation, qu’elle soit délibérée, accidentelle ou due à un mauvais calcul, demeurera », a déclaré Rahman.
Il a qualifié le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires de « pierre angulaire » des efforts mondiaux visant à empêcher la prolifération des armes nucléaires et à faire progresser le désarmement nucléaire.
« Éliminons les armes et rétablissons la confiance en construisant un monde débarrassé des armes nucléaires », a-t-il déclaré.
*Traduit de l’anglais par Ayse Bashoruz