Mona Saanouni
16 Mars 2020•Mise à jour: 16 Mars 2020
AA - Katmandou, Népal / Deepak Adhikari, Ahmad Adil, Shadi Saif, Islamuddin Sajid, Kamruz Zaman
Dimanche, les pays d'Asie du Sud se sont engagés à collaborer pour enrayer la propagation du nouveau coronavirus. Le Covid-19 a déjà coûté la vie à plus de 6000 personnes dans le monde.
Les dirigeants et les représentants de l'Inde, du Pakistan, des Maldives, du Bangladesh, du Népal, de l'Afghanistan, du Sri Lanka et du Bhoutan ont assisté à la réunion de l'Association sud-asiatique de coopération régionale (SAARC) par vidéoconférence.
Dans son discours d'ouverture, le Premier ministre indien Narendra Modi, qui a convoqué la conférence, a déclaré que la région densément peuplée était confrontée à "des défis importants en termes d'accès aux établissements de santé".
"Nous avons pris soin de ne pas sous-estimer le problème, mais aussi d'éviter les réactions instinctives. Nous avons essayé de prendre des mesures proactives, y compris un mécanisme de réponse progressif", a-t-il noté.
Le Premier ministre népalais Khadga Prasad Sharma Oli, actuellement président de la SAARC, a partagé le plan de son pays pour lutter contre la propagation du virus.
"Nous renforçons nos installations de quarantaine. Nous améliorons également la capacité de nos agents de santé", a-t-il déclaré lors de la visioconférence.
La conférence a également approuvé la proposition de Modi de créer un fonds d'urgence COVID-19, avec une contribution initiale de 10 millions de dollars de l'Inde.
Le président afghan Mohammad Ashraf Ghani a proposé un cadre commun de télémédecine pour lutter contre l'épidémie de nouveau coronavirus. "La fermeture des frontières entraînera un problème important de disponibilité de nourriture, de médicaments et de produits de base", a-t-il averti.
Ghani a appelé à la formulation d'une stratégie de six mois pour faire face aux impacts économiques et sociaux à long terme en plus des problèmes de santé causés par la pandémie.
Le Premier ministre du Bangladesh, Sheikh Hasina, a assuré le soutien de son pays, déclarant: «Il est très important de travailler ensemble pour relever ce défi. Le monde entier s'inquiète désormais de ce nouveau virus".
Le Premier ministre du Bhoutan, Lotay Tshering, a partagé l'expérience de son pays dans le traitement d'un cas dans lequel un touriste américain avait été infecté par le virus lors d'un voyage au Bhoutan.
"Nous devons être sûrs que nous partagerons nos ressources et nos technologies [dans la lutte contre la maladie]", a déclaré Tshering.
"Nous devons avoir une coopération similaire sur le plan économique du problème, car les économies plus petites et vulnérables risquent de souffrir davantage", a-t-il ajouté.
Le président du Sri Lanka, Gotabaya Rajapaksa, a également évoqué, lors de la conférence, les préparatifs de son pays pour lutter contre l'épidémie.
Pour sa part, le président maldivien Ibrahim Mohamed Solih a souligné l'importance "des efforts coordonnés pour vaincre le COVID-19".
Zafar Mirza, le ministre pakistanais de la Santé, a noté l'importance d'un forum régional comme la SAARC pour endiguer la pandémie. "Tout en espérant le meilleur, nous devons nous préparer au pire", a-t-il déclaré lors de la réunion à distance.
Après avoir émergé à Wuhan, en Chine en décembre dernier, le virus connu sous le nom de COVID-19, s'est propagé dans le monde, et a atteint au moins 156 pays et territoires.
Le bilan mondial a dépassé la barre de 6000 décès dus au virus, avec plus de 167 000 cas confirmés dans le monde, selon l'Organisation mondiale de la santé.