Bahattin Gönültaş,Nur Asena GÜLSOY
22 Mars 2017•Mise à jour: 23 Mars 2017
AA – Ankara
La question du budget de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN) a été ramené sur le devant de la scène par l'appel lancé par le président des États-Unis d'Amérique, Donald Trump.
Le président Trump avait récemment appelé les pays membres de l'Alliance à y payer leur dettes et à y contribuer davantage. Cet appel à ranimé le débat sur le budget de l'OTAN.
D'après les estimations recueillies par l'Agence Anadolu (AA), les États-Unis, la plus grande économie du monde, a dépensé 664 milliards de dollars pour l'OTAN, soit plus de 2,5 fois plus que le total de la contribution effectuée par le reste des membres (27 pays).
Autrement dit, les États-Unis ont satisfait 72% du budget de l'OTAN qui était de 921,5 milliards de dollars en 2016.
Le Royaume-Uni a été le deuxième pays ayant le plus contribué au financement de l'Alliance avec 57 milliards de dollars ; la France a été le troisième avec 44,2 milliards de dollars, et l'Allemagne le quatrième pays avec 42 milliards de dollars de contribution.
La Turquie a dépensé 12,1 milliards de dollars pour l'OTAN, se plaçant ainsi au huitième rang.
Seuls les États-Unis, la Pologne, la Grèce, le Royaume-Uni et l'Estonie ont tenu leur promesse de consacrer au moins 2% de leur revenu national annuel au domaine militaire.
Les États-Unis ont consacré 3,61% de leur revenu national aux dépenses militaires. Pour sa part, la Grèce en a consacré 2,36%, l'Estonie 2,18%, le Royaume-Uni 2,17% et la Pologne 2,01%.
La Turquie a dépensé 1,69% de son revenu national au domaine militaire en 2016.
L'Allemagne, que Trump avait appelée à dépenser davantage pour l'OTAN, avait consacré 1,20% de son revenu national.
Depuis l'élection de Trump à la présidence, les États-Unis continuent de faire pression sur les pays membres pour qu'ils allouent davantage davantage de fonds à l'Alliance.
Lors du sommet de l'OTAN en 2014, les pays membres avaient décidé d'augmenter la part de leur dépenses militaires dans leur revenu national à 2%, jusqu'en 2024.
Le président de l'Institut de Turquie du 21e siècle, Cahit Armagan Dilek a fait remarquer, dans une interview à l'Agence Anadolu, que Trump, homme d'affaires de profession, fait des comptes en termes de pertes et profits dans son processus de prise de décisions.
«Ses démarches concernant l'OTAN en sont la conséquence, a-t-il affirmé. Nous l'observons dans ses déclarations depuis sa campagne électorale. Les États-Unis qui s'acquittent d'environ trois quarts des coûts de l'OTAN, demandent maintenant à ce que les autres membres dépensent au moins 2% de leur revenu national. Car les États-Unis qui sont dans la position de 'propriétaire de l'OTAN', doivent combler le manque lorsque les membres européens ne respectent pas le seuil. En réalité, l'élan de Trump n'est pas nouveau pour les États-Unis. L'ancien Secrétaire américain à la Défense, Robert Gates avait critiqué en 2010 et 2011 les alliés européens pour la baisser de leur dépenses, notant que les États-Unis ne sont pas obligés de combler le manque.»
Dilek a estimé que l'OTAN est l'un des principaux outils des États-Unis pour la mise en œuvre des politiques mondiales, c'est pourquoi ils ont satisfait une partie importante des coûts depuis le début.
«L'OTAN est le levier le plus critique des États-Unis contre ses adversaires mondiaux, la Russie et la Chine, et l'outil le plus essentiel pour une intervention dans les développements en Europe», a-t-il expliqué.