Mourad Belhaj
31 Décembre 2019•Mise à jour: 31 Décembre 2019
AA - Moscou - Elena Teslova
La Russie considère qu'un cessez-le-feu en Libye est une condition fondamentale pour le début d'un dialogue politique, a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov.
S'exprimant lors d'une conférence de presse à Moscou, lundi, Lavrov a déclaré qu'aucune condition ne devait précéder la cessation des hostilités.
"Je crois qu'un cessez-le-feu est la principale condition pour entamer un dialogue politique, a-t-il déclaré. En outre, un tel cessez-le-feu doit avoir lieu sans aucune condition préalable. Il est dans l'intérêt du peuple libyen de mettre fin aux combats, de déclarer un cessez-le-feu indéfini et d'entamer un dialogue visant à mettre en œuvre de tels accords."
Et d’ajouter que les accords "qui ont été proposés de l'extérieur", notamment lors de conférences en France, en Italie et aux Émirats arabes unis, n'ont pas fonctionné.
"Maintenant, on parle beaucoup de la préparation d'une conférence à Berlin, a poursuivi Lavrov. Tout cela maintiendra le flou de la situation actuelle, si les parties ne s'entendent pas très précisément sur la manière de garantir que tous les intérêts politiques, claniques et ethniques en Libye soient pris en compte."
Quant à déclarer une zone d'exclusion aérienne au-dessus de la Libye, cette idée a une connotation négative, car le bombardement du pays a commencé après que le Conseil de sécurité des Nations unies (ONU) ait autorisé un tel régime, ajoute Lavrov.
Et de renchérir : "Il vaut mieux s'assurer que tous les acteurs internationaux, sans exception, influencent les parties libyennes dans une seule direction - arrêter immédiatement les combats, déclarer un cessez-le-feu illimité et négocier entre eux pour qu'ensuite tout cela soit effectué. Et bien sûr, le rôle du Conseil de sécurité dans la conclusion de tels accords internationaux définitifs est absolument essentiel."
Le 27 novembre, Ankara et le gouvernement libyen d’entente nationale, reconnu par l'ONU, ont signé deux pactes distincts, l'un sur la coopération militaire et l'autre sur les frontières maritimes des pays de la Méditerranée orientale.
La Libye est en proie à des troubles depuis 2011, lorsqu'un soulèvement sanglant soutenu par l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN) a entraîné le renversement et la mort de l’ancien Président Mouammar Kadhafi, après plus de quatre décennies au pouvoir.
Depuis lors, les divisions politiques en Libye ont donné deux sièges de pouvoir rivaux - un à Tobrouk et un autre à Tripoli.