Mohammad Sio
17 Septembre 2026•Mise à jour: 17 Septembre 2026
La Palestine a rejeté jeudi la décision américaine de prolonger les restrictions de visas visant des responsables de l’Autorité palestinienne et des membres de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), à l’approche de l’Assemblée générale de l’ONU à New York, jugeant cette mesure « injustifiée » et préjudiciable aux efforts visant à rétablir la confiance et à promouvoir une solution à deux États.
Dans un communiqué, le ministère palestinien des Affaires étrangères a estimé que ces restrictions allaient à l’encontre des efforts destinés à améliorer les relations palestino-américaines et à créer les conditions politiques nécessaires à la paix et à la stabilité dans la région.
L’OLP et l’Autorité palestinienne restent attachées à la paix, à la légitimité internationale et à une solution à deux États fondée sur les frontières du 4 juin 1967, « avec la Palestine et Israël vivant côte à côte dans la sécurité et la paix », a-t-il affirmé.
Le ministère a également rejeté l’argument de Washington selon lequel les recours palestiniens auprès de l’ONU, de la Cour internationale de justice (CIJ) et de la Cour pénale internationale (CPI) compromettent les efforts de paix.
Le recours aux institutions et au droit internationaux constitue, selon lui, un moyen légitime et pacifique de défendre les droits palestiniens et ne saurait être assimilé à l’occupation, à l’expansion illégale des colonies, à l’annexion, aux déplacements de population ou aux violences des forces et colons israéliens.
Le ministère a ajouté que la reconnaissance internationale de l’État de Palestine ne remplaçait pas les négociations, mais constituait une reconnaissance du droit du peuple palestinien à l’autodétermination et un soutien à une paix juste fondée sur la solution à deux États.
Il s’est également étonné que le communiqué américain ne mentionne pas ce qu’il présente comme d’importantes réformes palestiniennes, notamment dans le système de protection sociale et les secteurs financier, administratif, éducatif et juridique.
Les mesures punitives et les restrictions visant les responsables palestiniens « ne favorisent pas la paix et ne combattent pas la violence, mais affaiblissent au contraire le partenaire palestinien attaché à une solution politique », a-t-il estimé.
Toute restriction empêchant la délégation palestinienne de participer pleinement aux réunions de l’ONU porterait atteinte aux droits des Palestiniens et contreviendrait aux obligations des États-Unis en tant que pays hôte, au titre de l’accord de siège de l’ONU, a poursuivi le ministère.
Celui-ci a appelé l’administration américaine à reconsidérer sa décision, à mettre fin à ce qu’il qualifie de « politique de sanctions et de restrictions » et à engager un dialogue direct avec les Palestiniens afin de régler les différends en suspens.
Washington invoque des engagements non respectés
Le département d’État américain avait annoncé mercredi la prolongation des restrictions interdisant l’entrée aux États-Unis de membres de l’OLP et de responsables de l’Autorité palestinienne, après avoir indiqué au Congrès que les deux organisations avaient une nouvelle fois manqué à leurs engagements prévus par la législation américaine.
Washington a notamment cité les démarches palestiniennes auprès d’organisations internationales, dont les recours devant la CPI et la CIJ, qu’il qualifie de tentatives visant à « internationaliser le conflit israélo-palestinien ».
Le département d’État a également accusé l’OLP et l’Autorité palestinienne de ne pas avoir mené les réformes attendues et de poursuivre des activités qui compromettent, selon Washington, les perspectives de paix.
Les États-Unis n’ont pas précisé quels responsables étaient visés par la prolongation des restrictions. Une exemption demeure toutefois en vigueur pour le personnel de la mission permanente d’observation de l’OLP auprès de l’ONU à New York.
Washington a également reproché aux Palestiniens de chercher à « contourner les négociations en sollicitant une reconnaissance unilatérale » d’un État palestinien. Il a accusé l’OLP et l’Autorité palestinienne de poursuivre le versement d’allocations bénéficiant, selon lui, à des personnes impliquées dans des attaques contre des Israéliens et de glorifier le terrorisme.
« En conséquence de leur incapacité à se réformer (...), les États-Unis prolongeront les sanctions refusant des visas aux membres de l’OLP et aux responsables de l’Autorité palestinienne », a déclaré le département d’État.
Ces mesures interviennent avant la 81e session de l’Assemblée générale de l’ONU, qui doit s’ouvrir la semaine prochaine à New York.
Elles font suite à une décision similaire prise l’année dernière, lorsque Washington avait refusé ou révoqué les visas de responsables de l’OLP et de l’Autorité palestinienne avant l’Assemblée générale de 2025. La mission palestinienne auprès de l’ONU avait toutefois bénéficié de dérogations au titre de l’accord de siège.
Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, n’avait pas pu assister en personne à l’Assemblée générale de l’année dernière et s’était adressé à ses participants par visioconférence.
* Traduit de l'anglais par Serap Dogansoy