AA / Strasbourg / Ömer Tuğrul Çam
La présence des sympathisants et militants de l'organisation terroriste PKK, qui manifestent depuis des années devant le Conseil de l'Europe à Strasbourg, en France, inquiète les Franco-Turcs vivant dans ce pays.
Des membres de l'organisation terroriste PKK et leurs sympathisants manifestent depuis des années sur les trottoirs, à quelques dizaines de mètres de l'entrée du bâtiment du Conseil de l'Europe.
Le sit-in des membres du PKK, qui arborent et déploient des banderoles et affiches de l'organisation terroriste et des photos du chef terroriste Abdullah Öcalan, dure maintenant depuis 12 ans.
Il arrive même que parfois, des centaines de membres de l'organisation terroriste, venant d'autres pays européens comme l'Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas, ou d'autres villes de France, recourent à la violence lors des sessions du Conseil de l'Europe.
De nombreux membres du PKK ont, les années précédentes, tenté de s'introduire dans le Conseil de l'Europe ou dans le bâtiment voisin de la Cour européenne des droits de l'homme, affrontant la police de Strasbourg. Certains des membres du PKK qui ont endommagé les bâtiments ont été arrêtés. Cependant, à ce jour, aucun membre du PKK n'a été sévèrement puni pour ces actions.

- Les Franco-Turcs dénoncent cette liberté d'action accordée à l'organisation terroriste
Ali Gedikoglu, président du Conseil international pour la justice, l'égalité et la paix (COJEP), une organisation non gouvernementale œuvrant dans les domaines des droits, des libertés et de la démocratie en France, a dénoncé, au micro de l'Agence Anadolu (AA), cette manifestation des extensions de l'organisation terroriste.
"Nous sommes troublés par cette campagne qu'ils mènent pour influencer les députés et les décideurs qui siègent au Conseil de l'Europe à Strasbourg. Nous avons exprimé cette préoccupation à différentes reprises et plusieurs niveaux", a-t-il témoigné.
Et d'ajouter: "Ces militants de l'organisation terroriste cherchent à se faire passer pour des victimes auprès de l'opinion publique française. De notre côté, nous menons des actions pour informer la société française sur la réalité du PKK."
- "Le PKK c'est l'équivalent de Daech ou d'Al-Qaïda"
Le président de l'ONG insiste sur la caractère terroriste du PKK : "Nous avons mené des actions qui montrent qu'il s'agit d'une organisation terroriste, que le PKK est une organisation qui ne peut pas être rendue innocente, tout comme des organisations terroristes telles que Daech et Al-Qaïda ne peuvent être louées ou rendues innocentes".
Par ailleurs, Gedikoglu a dénoncé le fait que le PKK puisse librement manifester sans demander l'autorisation des autorités étatiques et locales.
"La préfecture refuse d'intervenir affirmant que la gestion des trottoirs relèvent de la municipalité de Strasbourg, et la municipalité laisse faire. Ils se rejettent la responsabilité sans agir", explique-t-il.
- "Les activités de l'organisation terroriste doivent être interdites en Europe"
Les Turcs vivant en France soulignent que toute activité du PKK, qui figure sur la liste des organisations terroristes de l'Union européenne (UE), doit être interdite dans toute l'Europe.
Gurhan Ay, porte-parole de l'Observatoire du racisme et de l'islamophobie (ORIW), une organisation non gouvernementale basée à Strasbourg et active dans le domaine des droits de l'homme, a également relevé cette question.
"Cela reflète malheureusement le comportement hypocrite de l'Europe. Nous avons à plusieurs reprises dénoncé ces actions du PKK. Mais les administrations locales et la préfecture ne veulent prendre aucune précaution. En fait, ils se renvoient la balle", affirme-t-il.
"Nous faisons référence à ce sujet dans les rapports annuels sur les droits de l'homme que nous publions. Nous réalisons également différentes études et projets liés à cela. Mais les autorités locales ferment les yeux et bouchent leurs oreilles", déplore-t-il.
- L'organisation terroriste essaie de donner l'image d'une victime
Zekeriya Sahin, journaliste en France depuis des années, a déclaré qu'ils connaissaient les activités de l'organisation terroriste à Strasbourg depuis des années et que les pays européens appliquent deux poids deux mesures en ce qui concerne le PKK.
"D'un côté, ils disent que c'est une organisation terroriste, et qu'ils soutiennent la Turquie sur cette question. Mais d'un autre côté, ils permettent cela." Sahin a par ailleurs expliqué que les autorités de la République de Türkiye suivent de près la question auprès de l'État français depuis de nombreuses années.
- Strasbourg et le Conseil de l'Europe se taisent
Les correspondants de l'AA n'ont pas pu obtenir de réponses aux questions qu'ils ont posées à la préfecture de Strasbourg.
Bien que les responsables de la préfecture aient déclaré qu'ils répondraient aux questions de l'AA dans les 5 jours, ils ont laissé les questions sans réponse.
De même, le Conseil de l'Europe a choisi de ne pas répondre aux questions de l'AA.
* Traduit du turc par Tuncay Çakmak