Ümit Dönmez
14 Mars 2024•Mise à jour: 14 Mars 2024
AA / Paris / Ümit Dönmez
La France a rejeté, ce jeudi, les allégations portées à son encontre par le Niger concernant une "cache d'armes" découverte le mois dernier à Niamey.
Interrogé ce jeudi par Anadolu, lors du point presse hebdomadaire du ministère français des Armées, le Colonel Pierre Gaudillière, porte-parole de l'État-major des Armées, a répondu aux allégations sur une cache d'armes appartenant à la mission européenne, Eucap Sahel, dont fait partie la France.
"Les Armées françaises ont quitté le Niger fin 2023. Il n'y a plus d'activité, d'opération de la France au Niger", a tenu à souligner le porte-parole.
Pour rappel, les autorités nigériennes avaient annoncé en février la découverte d'une "cache d'armes" attribuée à la France, à l'issue d'une perquisition menée par la gendarmerie et la police nigériennes dans deux maisons qui étaient occupées par des soldats français.
"Des perquisitions opérées les 19 et 20 février 2024 par une équipe mixte de la gendarmerie, de la police scientifique et de la police judiciaire ont permis de faire une découverte qui donne froid au dos", avait rapporté la télévision publique nigérienne, précisant que les perquisitions ont eu lieu dans les locaux de l'ancienne opération civilo-militaire européenne "Eucap Sahel" et une maison occupée par des instructeurs français avant leur départ du Niger.
"Il s'agit d'un vrai centre d'opération militaire, en même temps une cache d'armes et de munitions", a insisté la même source, expliquant que des lance-roquettes antichar, des fusils d'assaut, des drones, des grenades et des véhicules ont été découverts lors des perquisitions.
Toujours selon la télévision publique nigérienne, des cartes géographiques ont aussi été découvertes, dont une de la ville de Niamey "sur laquelle toutes les places stratégiques de la capitale ont été identifiées et marquées".
Dans le même endroit, la caméra de la télévision publique a montré un tableau sur lequel était inscrit en rouge : "La paix, on peut l'éviter". Pour la télévision publique nigérienne, "au stade actuel de nos rapports avec la France, il s'agit d'actions soigneusement planifiées pour semer le chaos à Niamey".
Depuis le coup d'État du 26 juillet dernier contre le président Mohamed Bazoum, les rapports entre le Niger et la France se sont progressivement dégradées. Suite au refus de Paris de reconnaître toute légitimité aux autorités nigériennes et à son engagement pour appuyer une intervention militaire de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'ouest (CEDEAO) pour rétablir le président renversé, les nouvelles autorités militaires nigériennes ont dénoncé tous les accords de défense entre le Niger et la France. Dans la foulée, Niamey a exigé et obtenu le départ de tous les soldats français présents au Niger.