AA - Ankara
Les experts en énergie estiment que le manque de confiance en la Russie et les conclusions du Sommet sur le climat tenu à Paris (COP 21) vont faire baisser l’intérêt pour le gaz naturel.
Selon le spécialiste Ben McPherson, du Forum Géopolitique Européen, basé à Bruxelles, le gaz naturel, dont l'utilisation est actuellement préférée a celle du pétrole et du charbon, va perdre de ses atouts au profit des énergies renouvelables.
«Moscou utilise le gaz naturel comme une arme politique en multipliant les projets de gazoducs pour mettre la pression sur les différents pays. Mais ni les pays européens, ni la Turquie n’accepteront d’être victimes de ces pressions», a-t-il affirmé.
De la même manière, l’expert du Brookings Institute de Washington, Richard Kauzlarich, considère que les demandes en gaz naturel vont continuer à reculer en Europe, et que les pays vont s’orienter vers les énergies à faible émission de carbone, conformément aux conclusions de la COP 21.
«L’Europe, sous l’impulsion de l’Allemagne, s’oriente vers les énergies renouvelables, d’ailleurs la demande en gaz naturel est en baisse», a-t-il expliqué.
Pour Marco Giuli aussi, expert en énergie au sein du Centre Européen des Politiques (EPC), le gaz naturel va, peu à peu, être remplacé par le charbon et les énergies renouvelables dans la production d’électricité.
Selon lui, le gaz naturel liquide en provenance des Etats-Unis et de l’Australie va remplacer le gaz naturel venant de Russie.
D’après les données d’Eurogas, représentant à Bruxelles de l’industrie du gaz naturel en Europe, en 2010, la demande en gaz naturel des 28 pays de l’Union européenne était de 527 milliards de m3.
Cette demande a régulièrement baissé pour arriver à 407 milliards de m3 en 2014.
De son côté, la Turquie aura consommé, à la fin de l’année 2015, environ 47,8 milliards de m3 de gaz naturel.