Aysu Biçer
12 Janvier 2026•Mise à jour: 13 Janvier 2026
AA / Londres / Aysu Bicer
Le gouvernement britannique va introduire cette semaine une nouvelle infraction pénale visant la création d’images intimes non consensuelles, a déclaré lundi la secrétaire d’État à la Technologie, Liz Kendall, dans un contexte de préoccupations croissantes concernant les deepfakes générés par l’IA.
Cette initiative fait suite à une enquête sur le chatbot IA de l’Américain milliardaire Elon Musk, Grok, sur la plateforme de la société X, basée aux États-Unis qui aurait été utilisé pour générer des images à caractère sexuel de personnes sans leur consentement.
Désormais, X sera tenu de supprimer les contenus deepfake en vertu de la législation britannique, alors que Liz Kendall a qualifié les images sexualisées créées par Grok de « armes d’abus ».
S’adressant aux députés, elle a indiqué : « En vertu de l’Online Safety Act, le partage d’images intimes sans le consentement de la personne concernée ou la menace de les partager, y compris des images de personnes en sous‑vêtements, constitue une infraction pénale pour les individus comme pour les plateformes. »
« Le Data Act, adopté l’année dernière, a fait de la création ou de la demande de création d’images intimes non consensuelles une infraction pénale. Aujourd’hui, je peux annoncer à la Chambre que cette infraction sera mise en vigueur cette semaine, et que j’en ferai une infraction prioritaire dans l’Online Safety Act également », a‑t‑elle ajouté.
Kendall a affirmé que les images deepfake à caractère sexuel circulant sur X étaient « ignobles » et illégales.
Elle a ajouté : « Ces derniers jours, l’outil IA Grok sur la plateforme de médias sociaux X a été utilisé pour créer et partager des deepfakes dégradants, non consensuels, sexuels et intimes. Le contenu qui circule sur X est ignoble. Ce n’est pas seulement une offense à une société décente. C’est illégal. »
Le régulateur britannique de la sécurité en ligne, Ofcom, a par ailleurs ouvert lundi une enquête formelle contre la société de médias sociaux d’Elon Musk, X, en raison de préoccupations selon lesquelles la plateforme n’aurait pas respecté plusieurs obligations clés prévues par l’Online Safety Act. Celles‑ci incluent l’évaluation adéquate des risques d’exposition des utilisateurs britanniques à des contenus illégaux, ainsi que la réalisation de nouvelles évaluations des risques avant d’apporter des changements importants à son service.
*Traduit de l'anglais par Wafae El Baghouani