Sinan Metiş
04 Mars 2016•Mise à jour: 06 Mars 2016
AA / Istanbul / Ihsen Fékih
L’expulsion des travailleurs tunisiens de la Libye n’affaiblira pas la branche libyenne de Daech, ont soutenu plusieurs experts.
Des sphères libyennes non-officielles ont appelé à renvoyer les Tunisiens qui travaillent dans leur pays. Ces campagnes se sont ravivées après l’attentat perpétré par un Tunisien appartenant à Daech dans la ville de Zlitan. L’attentat, ayant visé un camp d’entrainement de la Garde maritime libyenne, a fait au moins 70 morts et environ une centaine de blessés.
Dans une déclaration à Anadolu, Younes Kouki, membre de l'Union générale tunisienne du travail (UGTT), le plus grand syndicat en Tunisie, a considéré que «rien ne présage que l’avenir des travailleurs tunisiens en Libye soit en danger». Il a ajouté que «les informations sur l’enlèvement de travailleurs tunisiens, pour faire pression sur le gouvernement tunisien, ne sont autres que des réactions non officielles, à l’échelle de régions [libyennes] connues».
Kouki a souligné que son pays entretient d’excellentes relations avec des personnalités et parties libyennes influentes, rappelant que la Tunisie avait accueilli plusieurs rencontres inter-libyennes entre des représentants du gouvernement de Tobrouk et celui de Tripoli, en vue de résoudre la crise dans ce pays.
Le membre de l’UGTT a affirmé, par ailleurs, que la Tunisie est prête à accueillir les réfugiés libyens en cas d’une intervention militaire dans ce pays. «Le président tunisien, Béji Caid Essebsi, a répété, maintes fois, que la Tunisie ne peut fermer ses frontières à ses frères Libyens», a-t-il dit.
Selon de récentes statistiques, le nombre des travailleurs Tunisiens en Libye est estimé à 100 mille personnes, la plupart sont employés dans le commerce et le bâtiment, mais aussi dans les secteurs de la santé et des médias.
EZ