Fatma Zehra Solmaz
18 Juillet 2026•Mise à jour: 18 Juillet 2026
AA / Istanbul
Le Service américain de la pêche et de la faune sauvage (US Fish and Wildlife Service) a révoqué vendredi la « règle générale » (« blanket rule »), une politique en vigueur depuis plusieurs décennies qui étendait de nombreuses protections accordées aux espèces en danger d’extinction aux espèces menacées, notamment l’interdiction de les tuer, de les capturer ou de les harceler.
Cette réglementation, mise en place depuis 1975, a été supprimée dans le cadre des efforts plus larges de l’administration Trump visant à réinterpréter la loi de 1973 sur les espèces menacées d’extinction (Endangered Species Act). Ses opposants estiment que cette décision pourrait affaiblir la protection des plantes et des animaux menacés.
L’agence a également publié une règle distincte obligeant les autorités de réglementation à prendre en compte l’impact économique de la désignation de certaines zones comme « habitats essentiels » pour les espèces menacées ou en danger d’extinction. Jusqu’à présent, cette prise en compte économique était facultative.
Le ministère de l’Intérieur américain a déclaré que ces nouvelles réglementations visaient à « mettre en œuvre les directives du président Donald J. Trump pour renforcer l’indépendance énergétique des États-Unis, améliorer la prévisibilité réglementaire et garantir que les actions fédérales soient conformes à la meilleure interprétation de la loi ».
« Pendant trop longtemps, la loi sur les espèces menacées d’extinction a été utilisée comme une arme pour bloquer presque tout nouveau projet aux États-Unis, augmentant les coûts pour les familles, affaiblissant notre compétitivité et compromettant notre sécurité nationale », a déclaré le secrétaire à l’Intérieur Doug Burgum dans un communiqué.
Les organisations de défense de l’environnement ont critiqué ces changements, estimant qu’ils réduiraient les protections accordées aux espèces vulnérables.
Clay Samford, avocat du groupe de défense de l’environnement Earthjustice, a qualifié ces nouvelles règles de « mauvaises pour la faune menacée et les espaces naturels », affirmant que les modifications avaient été adoptées « au profit d’intérêts économiques restreints », selon le Washington Post.
Samford a estimé que la nouvelle réglementation obligerait les responsables à davantage prendre en compte les préoccupations des éleveurs lors des décisions, augmentant ainsi la probabilité que certaines terres soient exclues des désignations d’habitats essentiels.
Les organisations environnementales et d’autres groupes extérieurs demandent généralement à l’agence d’examiner si une espèce doit être inscrite sur la liste prévue par la loi sur les espèces menacées. Selon le Service américain de la pêche et de la faune sauvage, plus de 500 espèces attendent actuellement une évaluation afin de déterminer si elles doivent être classées comme menacées ou en danger d’extinction.
Samford a également averti que la réduction des effectifs de l’agence et les nouvelles obligations d’évaluer les protections espèce par espèce pourraient entraîner une augmentation du nombre de dossiers en attente d’examen.
*Traduit de l’anglais par Ayse Bashoruz