Mahmoud Barakat
04 Septembre 2018•Mise à jour: 05 Septembre 2018
AA / Mahmoud Barakat
Le dirigeant syrien Bachar al-Assad a transmis à l’ancien président américain Barack Obama une proposition de paix avec Israël en 2010, selon les mémoires du secrétaire d'État d’alors, John Kerry, a rapporté mardi le quotidien israélien "Haaretz".
Dans ses mémoires récemment publiées dans un livre intitulé "Every Day is Extra", Kerry revient sur ses expériences face à la politique américaine et aux problèmes internationaux au cours de sa carrière dans la politique et la diplomatie.
Evoquant la Syrie, Kerry - qui a été sénateur avant sa nomination diplomatique - se souvient d’une rencontre qu’il a eue avec al-Assad alors qu’il était président du Comité des relations extérieures au sénat américain.
Kerry révèle ainsi avoir "pressé" al-Assad au sujet du soutien continu de ce dernier au Hezbollah libanais. Le dirigeant syrien avait alors répondu que "tout devait être négocié".
Kerry poursuit en expliquant comment al-Assad avait fait allusion à "la possibilité de changer sa politique à l’égard du Hezbollah au cas où des pourparlers avec Israël porteraient leurs fruits".
"Al-Assad m'a demandé ce qu'il faudrait pour entamer des négociations sérieuses de paix [avec Israël], dans l'espoir d'obtenir le retour du plateau du Golan, que la Syrie avait perdu au profit d'Israël en 1967", a écrit Kerry, cité par "Haaretz"
"Je lui ai dit que s'il était sérieux, il devrait faire une proposition privée", ajoute Kerry. "Il a demandé à quoi ça ressemblerait. J'ai partagé mes pensées. Il a chargé son collaborateur principal de rédiger une lettre [de sa part] au président Obama".
Dans sa lettre, al-Assad a, selon l'ancien chef de la diplomatie américaine, demandé à Obama de parrainer une nouvelle série de pourparlers de paix entre la Syrie et Israël, tout en exprimant sa disposition "à prendre un certain nombre d'étapes en échange de la récupération du Golan".
Un jour après sa rencontre avec le dirigeant Syrien, Kerry a visité Israël où il a rencontré le Premier ministre Benyamin Netanyahu. Celui-ci a été "surpris qu’al-Assad ait été prêt à aller jusque-là".
Selon Kerry, l'Administration Obama a testé le sérieux d'al-Assad au sujet de la proposition, lui demandant de prendre plusieurs "mesures de confiance", y compris l'arrêt des livraisons d'armes au Hezbollah.
"Pourtant, al-Assad a déçu l'administration en ne respectant pas ses promesses", écrit-il, assurant que le régime syrien a bel et bien maintenu son soutien au parti libanais.
"C'était décevant mais sans surprise", conclut-il.
Un an plus tard, en 2011, le conflit a éclaté en Syrie, où le Hezbollah continue encre de se battre aux côtés du régime d’al-Assad.