Laith Joneidi,Gülşen Topçu
08 Mars 2018•Mise à jour: 08 Mars 2018
AA - Irbid
Il y a quatre mois, un atelier de réparation automobile réservé aux femmes a ouvert dans la ville de Irbid, en Jordanie.
En plus des salons de coiffure et des clubs de sport, il est désormais possible, en Jordanie, de se rendre dans un garage réservé à la clientèle féminine.
Ce garage dans la ville d’Irbid est une première pour le pays.
Géré par une femme d’origine jordanienne et brisant le monopole masculin de cette activité, l’ouverture de cet atelier bouscule la perception de la femme dans la société.
- La Fleur d’Irbid: Un garage réservé aux femmes
À l’occasion de la journée internationale des femmes, ce 8 mars, Belkis Beni Hani a raconté à Anadolu comment elle a surmonté les obstacles sociaux et ouvert son garage, nommé la «Fleur d’Irbid», en novembre dernier.
Diplômée en finance et banque, Hani travaillait auparavant en tant que directrice dans une clinique appartenant à une organisation internationale.
«Je me suis retrouvée au chômage lorsque j’ai démissionné. J’aurais pu travailler dans un salon de coiffure ou chez un couturier mais j’ai décidé de réaliser quelque chose qui ferait de moi une personne unique», a-t-elle confié.
Elle partage avoir suivi des cours de mécanique pendant six mois afin de d’acquérir les bases du métier.
Soulignant que de nombreuses femmes jordaniennes se rendent sur leur lieu de travail en voiture, Hani explique que ces dernières se sentent mise sous pression psychologique par les mécaniciens lorsqu’elles se rendent dans les garages pour faire réparer leur véhicule.
«La concurrence est très élevée dans les professions adaptées aux femmes. Or, la gestion d’un garage par une femme est une nouveauté dans la société et son impact est grand».
Nouvelle dans le secteur, Hani partage qu’elle travaille en compagnie d’un collègue de sexe masculin afin de gagner la confiance de ses clients.
- «La société doit nous encourager»
Ragde Abdelkarim, banquière et cliente du garage, a souligné la nécessité pour la société d’encourager le garage de Hani qui offre un environnement sécurisé pour les femmes qui souhaitent faire réparer leur véhicule.
Affirmant respecter ce métier généralement exercé par les hommes, Abdelkarim a affirmé qu’il est important d’avoir des garages qui offrent la possibilité aux femmes d’obtenir des services sans recourir aux hommes.
Selon les données obtenues auprès du ministère du travail jordanien, 30 % des femmes du pays sont sans emploi et 65 % d’entre elles sont titulaires d’un diplôme universitaire.