Rania R.a. Abushamala
11 Avril 2025•Mise à jour: 11 Avril 2025
AA / Jérusalem / Said Amori - Rania Abu Shamala
La Cour suprême d’Israël a approuvé, jeudi, une requête déposée par le Premier ministre Benjamin Netanyahu visant à reporter les séances d’une commission d’enquête chargée d’examiner un accord controversé portant sur l’achat de sous-marins allemands, dans lequel plusieurs de ses proches sont accusés de corruption.
La Cour a émis un gel temporaire des audiences, en réponse à la requête introduite par Netanyahu et d'autres responsables, qui avaient été avertis qu'ils pourraient faire l'objet de poursuites, a rapporté l’Autorité israélienne de radiodiffusion (KAN).
Bien que Netanyahu ne soit pas formellement inculpé dans cette affaire, la commission d’enquête a indiqué que les conclusions de l’enquête pourraient lui nuire.
Selon KAN, si l’enquête ne devrait pas aboutir à des accusations directes contre le Premier ministre, elle pourrait néanmoins l’impliquer pour avoir entravé le fonctionnement des institutions de l’État, pris des décisions sensibles en matière de sécurité et de diplomatie de manière unilatérale, sans consulter les autorités compétentes ni tenir de trace officielle, compromettant ainsi le contrôle de ses actions.
L’« affaire des sous-marins » remonte à la période de 2009 à 2016, durant laquelle Israël a acquis des sous-marins auprès de l’Allemagne, dans le cadre d’un accord désormais visé par une enquête pour irrégularités présumées.
En décembre 2019, le bureau du procureur général avait déposé des actes d'accusation contre plusieurs proches de Netanyahu dans le cadre de cette affaire, bien que son nom ne figure pas parmi les suspects.
L’affaire concerne deux contrats d’armement conclus entre Israël et le groupe allemand Thyssenkrupp Marine Systems, spécialisé dans la construction navale militaire, en particulier de sous-marins et de frégates.
Le premier contrat porte sur l’acquisition de trois sous-marins pour un montant de 1,5 milliard d’euros.
Le second prévoit la livraison de frégates évaluées à 430 millions d’euros, destinées à assurer la protection des plateformes gazières offshore israéliennes.
* Traduit de l'anglais par Sanaa Amir