Qays Abu Samra
10 Juin 2016•Mise à jour: 10 Juin 2016
AA/ Ramallah/ Qays Abu Samra
Les autorités israéliennes ont interdit, vendredi matin, à des centaines de Palestiniens d’entrer dans la ville de Jérusalem, les empêchant ainsi d’accéder à la Mosquée Al-Aqsa, pour y effectuer la première prière du vendredi de ce mois de Ramadan.
Le correspondant d’Anadolu a indiqué que les forces israéliennes ont interdit aux hommes de moins de 45 ans d’entrer à Jérusalem, même s’ils disposent d’autorisations. L’initiative a été prise dans le cadre des mesures décidées par le gouvernement, suite à l’attaque qui a fait 4 morts à Tel Aviv, mercredi dernier.
Au barrage militaire de Qalandiya entre Ramallah et Jérusalem, Darwich Naji, un Palestinien de 40 ans, a indiqué au correspondant d’Anadolu, après qu’il ait été interdit d’entrer à Jérusalem : « j’ai quitté la ville de Jénine [dans le nord de la Cisjordanie], dès deux heures, à l’aube, pour accomplir la prière du vendredi à la Mosquée Al-Aqsa. Mais j’ai été interdit d’entrer, en dépit du fait que je dispose d’une autorisation ».
Darwish, qui est arrivé en compagnie de ses quatre fils, a ajouté : « Nous sommes venus uniquement pour la prière, comment pourrais-je menacer la sécurité d’Israël ? Ils veulent juste entraver les mouvements des Palestiniens, et nous interdire d’accéder à Jérusalem et à la Mosquée Al-Aqsa ».
De son côté, Khaled Mohamed, 33 ans, a affirmé à Anadolu : « j’ai été interdit d’entrer à Jérusalem au niveau du barrage de Qalandiya, sans raison ».
« Je continuerai à essayer d’accéder à la Mosquée Al-Aqsa. Même si je dois pour cela escalader le mur de séparation (…) Nous voulons juste prier à Al-Aqsa. C’est un droit garanti par la loi internationale, mais Israël se considère au-dessus des lois », a-t-il martelé.
Des centaines de Palestiniens ont été interdits d’accéder à Jérusalem, au niveau du barrage de Qalandiya, selon le correspondant d’Anadolu. Cependant, les femmes palestiniennes de toutes les classes d’âge ont été autorisées à entrer, après une fouille minutieuse.
La police israélienne avait annoncé, jeudi soir, le déploiement de milliers de ses agents dans la ville de Jérusalem-Est, pour le lendemain, en prévision de l’afflux de dizaines de milliers de Palestiniens, pour le premier vendredi du mois de Ramadan courant.
L’armée israélienne avait affirmé, au début de la semaine, autoriser les Palestiniens de Cisjordanie de plus de 45 ans, d’accéder à Jérusalem pour accomplir la prière du vendredi à Al-Aqsa, sans permis particulier. Les Palestiniens de 35 à 45 ans qui disposent de permis spéciaux étaient également autorisés à passer, avant que l’armée israélienne ne revienne sur sa décision après l’opération de mercredi soir à Tel Aviv.
L’armée israélienne avait, par ailleurs, annoncé, jeudi, dans un communiqué dont Anadolu a eu copie, « le gel de l’ensemble des facilités offertes aux Palestiniens de Gaza pour prier dans la mosquée d’al-Asa ».
Quatre Israéliens ont été tués et neuf autres blessés, mercredi soir, lors d'une attaque exécutée par deux Palestiniens au centre de Tel Aviv.
En réponse à l’opération, le Conseil ministériel israélien restreint aux affaires sécuritaires, le Cabinet, avait décidé, jeudi, d’une série de mesures de sécurité, à savoir : le bouclage total du village de Yatta (dans le sud de la Cisjordanie), le retrait des permis de travail délivrés aux proches des auteurs de l'opération, l’annulation des permis autorisant les visites à Jérusalem et dans la mosquée al-Aqsa, durant le mois de Ramadan.