Mourad Belhaj
16 Juillet 2020•Mise à jour: 17 Juillet 2020
AA / Moscou / Elena Teslova
Le président russe Vladimir Poutine a déclaré mercredi que les sanctions contre l'Iran n'ont aucune chance de porter leurs fruits, a déclaré le Kremlin.
Lors d'un entretien téléphonique avec la chancelière allemande Angela Merkel, Vladimir Poutine a appelé au maintien de l'accord nucléaire iranien de 2015, également connu sous le nom de Plan d'action global conjoint (PAGC), que la partie russe considère comme un outil essentiel pour résoudre les problèmes liés au programme de recherche nucléaire iranien.
"Le président russe a souligné l'inutilité des sanctions et des pressions sur Téhéran à ce sujet et l'importance de préserver le Plan d'action global conjoint sur le programme nucléaire iranien, approuvé par la résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations unies", selon une déclaration du Kremlin.
Le 30 juin, le secrétaire d'État américain Mike Pompeo a exhorté le Conseil de sécurité des Nations unies à prolonger l'embargo sur les armes à l'encontre de l'Iran et a averti que le fait d'y mettre fin risquerait de compromettre la stabilité au Moyen-Orient.
Pompeo a déclaré que l'Iran pourrait directement acheter des avions de chasse russes et moderniser sa flotte de sous-marins si l'embargo venait à expirer et que Téhéran serait "libre de devenir un marchand d'armes peu scrupuleux, fournissant des armes pour alimenter les conflits du Venezuela, à la Syrie, jusqu'aux confins de l'Afghanistan".
Concernant le dossier libyen, Poutine et Merkel ont convenu de "la nécessité de résoudre la crise dans ce pays uniquement par des moyens politiques et diplomatiques" en instaurant un dialogue inter-libyen, comme le préconisent les recommandations de la conférence de Berlin de janvier dernier, approuvées par le Conseil de sécurité de l'ONU.
La Libye est déchirée par la guerre civile depuis l'éviction de l'ancien dirigeant Mouammar Kadhafi en 2011.
Le nouveau gouvernement libyen a été mis en place en 2015 dans le cadre d'un accord conclu sous l'égide des Nations unies, mais les efforts déployés pour parvenir à un règlement politique à long terme se sont heurtés à l'offensive militaire menée par les milices du seigneur de guerre Khalifa Haftar.
Concernant la situation en Ukraine, Poutine et Merkel ont "critiqué" l'appel des autorités ukrainiennes à réviser les accords de Minsk de 2015, les considérant comme "la seule base de règlement du conflit interne ukrainien".
Ces accords, signés par les dirigeants de l'Ukraine, de la Russie, de la France et de l'Allemagne et soumis à la supervision de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), ont été conçus pour mettre fin aux hostilités dans l'est de l'Ukraine.
*Traduit de l’Anglais par Mourad Belhaj