Mounir Bennour
09 Mars 2021•Mise à jour: 09 Mars 2021
AA / Bagdad
Le Haut-commissariat aux droits de l'homme en Irak a révélé ce mardi que le nombre de morts par suicide a augmenté en 2020 de 8,5 % sur une base annuelle (par rapport aux chiffres de l’année 2019), dans une escalade incessante pour la quatrième année consécutive.
« Le Haut-commissariat a enregistré une augmentation des suicides en Irak en 2020, qui s'est élevée à 644 cas, contre les 594 cas en 2019 », a déclaré Fadel Al-Gharawi, membre du Haut-commissariat (organe officiel affilié au Parlement).
L'Irak constate une augmentation des suicides pour la quatrième année consécutive. Le pays a enregistré 519 décès par suicide en 2018 et 422 cas en 2017, selon les chiffres du HCDH.
Concernant les chiffres pour 2020, Al-Gharawi a expliqué que « Bagdad est la province avec le plus grand nombre de cas de suicide enregistrés avec 139 cas, suivie par la province de Bassora (sud) avec 86 cas, puis la province de Dhi Qar (sud) avec 80 cas, et la province de Ninive ( nord) avec 69 cas, « le reste des cas étant répartis entre les autres provinces ».
Il a souligné que « 368 des suicidés étaient des hommes et 276 des femmes».
Il a aussi fait savoir que « 159 cas de suicide ont été faits avec des tirs d’armes à feu, 319 cas ont été faits par pendaison, dans 6 cas la mort est survenue après avoir sauté dans le vide depuis un lieu haut, 122 cas se sont immolés par le feu, 20 cas ont utilisé des substances toxiques dangereuses, dans 3 cas la mort est survenue suite à une coupure des veines sanguines, 8 cas par noyade et 2 cas par électrocution ».
Concernant les motifs de suicide les plus importants, Al-Gharawi a souligné qu'ils variaient entre « des raisons sociales, psychologiques et économiques », en plus du « facteur de pauvreté et des répercussions des guerres et de la détérioration de la réalité des droits de l'homme ».
Al-Gharawi a exigé que le gouvernement irakien « prenne des mesures urgentes pour promouvoir et protéger les droits de l'homme, offrir des opportunités d'emploi, des services fiables, une vie décente et un logement convenable pour contrer les risques de suicides ».
L'Irak subit les effets de l'insécurité, de la violence et des guerres depuis des décennies, ce qui a engendré des traumatismes psychologiques sur plusieurs générations dans le pays, selon les observateurs.
Le pays subit également plusieurs fléaux tels que la pauvreté, le chômage et la médiocrité des services publics fournis par l'État en raison d'une corruption chronique et généralisée. Selon les statistiques du ministère irakien du Plan, le taux de pauvreté s’élève à 31,7 %, quant à celui du chômage, il est de 27 %.
* Traduit de l’arabe par Mounir Bennour.