Mourad Belhaj
25 Octobre 2019•Mise à jour: 25 Octobre 2019
AA / Irak / Hussein al-Amir, Ali Jawad
Les forces de sécurité irakiennes ont imposé, vendredi soir, un couvre-feu dans six provinces du sud, afin de contrôler les violences qui ont entaché les manifestations contre le gouvernement du Premier ministre, Adel Abdul Mahdi, a déclaré une source de sécurité.
Un haut responsable du ministère de l’Intérieur, qui a requis l’anonymat, a déclaré à Anadolu que "les responsables des opérations et de la police, en coordination avec les gouverneurs, ont décidé d’imposer un couvre-feu dans les provinces d’Al-Basra, Wasit, Al-Muthanna, Babylone, Diwaniya et Dhi Qar (sur 18 provinces) en raison de la persistance des actes de violence".
La source a expliqué que "le couvre-feu est entré en vigueur ce soir, et ce jusqu'à nouvel ordre", sans plus de précisions.
L'imposition du couvre-feu a coïncidé avec la hausse du nombre de victimes des manifestations d'aujourd'hui vendredi, qui ont fait 24 morts parmi les manifestants et 2 047 autres blessés, dont des membres des forces de l’ordre, selon le Bureau de la Commission des droits de l'homme (institution officielle).
Les manifestants irakiens ont repris leurs manifestations anti-gouvernementales depuis les premières heures de la matinée, à Bagdad et dans les provinces du centre et du sud du pays, réclamant la démission du gouvernement et la réforme du système politique "corrompu".
Le Premier ministre, Adel Abdel Mahdi, avait introduit, jeudi en prévision des manifestations, un nouvel ensemble de réformes, notamment un engagement à limiter le port d’armes aux représentants de l'État, à dissoudre les milices armées, à garantir les libertés, la sécurité et la stabilité, à fournir de meilleurs services et emplois aux citoyens et à traduire en justice les personnes corrompues, ainsi qu’à améliorer la croissance économique du pays.
La nouvelle vague de protestations marque la reprise des manifestations, qui ont débuté plus tôt ce mois-ci à Bagdad, pour réclamer de meilleurs services et opportunités d'emploi et la lutte contre la corruption, avant de s'étendre aux provinces du sud à majorité chiites.
Les manifestants ont ensuite revu leurs revendications à la hausse et appelé à la démission du Premier ministre, après que les forces de sécurité aient eu recours à la violence et utilisé des balles réelles contre les manifestants, faisant 149 morts parmi les manifestants et 8 autres victimes dans les rangs des forces de l’ordre.
Le gouvernement a essuyé de violentes critiques suite à se gestion de la crise et le traitement violent infligé aux manifestants.
Des observateurs estiment que la nouvelle vague de manifestations exercera une pression croissante sur le gouvernement d’Abdul-Mahdi et pourrait éventuellement conduire à sa chute.