AA/ Alioune Ndiaye
Sept-cent-trente jours d’incertitudes, d’approximations, de restrictions, d’espoirs vite refroidies, de récession économique et, pire encore, d’un bilan macabre en pertes humaines. Plus de 5 millions de personnes ont perdu la vie sur un total de quelque 253 millions de cas de covid-19 à travers le monde, d’après les données officielles sur la maladie publiées au début du mois.
La maladie à coronavirus 2019, ou Covid-19, signalée le 17 novembre 2019 à Wuhan dans la province de Hubei (Chine), s’est propagée dans le monde à une vitesse exponentielle, plongeant l’humanité dans une crise profonde dont elle peine, jusqu’à l’heure, à s’extirper, malgré la mobilisation générale.
- Wuhan, la source du mal
Il était question d'une "pneumonie inconnue" à Wuhan avant que la confirmation ne vienne en fin décembre. La maladie qui a affecté plusieurs personnes a désormais un nom : la Covid-19.
La Covid-19 dont l'origine réelle est toujours sujet aux polémiques et aux surenchères, est apparue le 17 novembre 2019 à Wuhan. Manipulation de laboratoire ? Origine animale ? Le débat entre spécialistes reste entier.
C'est fin décembre que la Chine l’a annoncé pour une première fois pourtant. Le gouvernement a tenté d’étouffer la mystérieuse « pneumonie de Wuhan » en imposant le silence au personnel médical qui a constaté une montée en flèche des cas présentant les mêmes symptômes inquiétants.
Ai Fen, cheffe des urgences de l’hôpital central de Wuhan a reçu ordre de ses supérieurs de « ne plus communiquer » après qu’il a diffusé l’information à ses collègues.
Lui et sept de ses collègues avaient par la suite été convoqués et sermonnés par la police pour « diffusion de fausses rumeurs », se voyant ainsi contraints au silence sur la maladie.
L’affaire était, cependant, très iùmposante pour être tuée dans l’œuf. Dans le plus grand secret, la Chine a déclenché le 14 janvier 2020 un plan d’urgence avec des centaines de lits préparés dans les hôpitaux. Ceci après l’alerte lancée le 14 janvier par la Commission nationale de santé (CNS) aux plus hautes autorités en parlant de « défi le plus grave depuis le SRAS en 2003 ».
Le Président XI Jinping s’est finalement prononcé le 20 janvier sur la Covid-19, déclarant qu’elle doit être « prise au sérieux ». Le même jour, le chef de la commission nationale de santé, Zhong Nanshan, a confirmé la transmission interhumaine.
Cinq jours plus tard, le Président XI Jinping annonce que « l’heure est grave » avec la montée en flèche des cas.
La CNS répertoriait ainsi 30 453 personnes sous observation à la date du 26 janvier. Un chiffre bien en deçà de la réalité sur le terrain avaient récusé des structures, dont la faculté de médecine de Hong Kong ou l’impérial collège de Londres évoquant à ce stade le cap des 100 mille infections.
- Propagation à travers le monde
Devant une situation de fait, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) lance l’alerte à la Chine avant de prononcer l’état d’urgence de santé publique de portée internationale, le 30 janvier 2020. Le 23 janvier elle jugeait prématuré de déclarer l’état d’urgence en raison du peu de viabilité des informations fournies par la Chine.
Le 11 mars elle déclare la Covid-19 pandémie mondiale alors qu’elle s’était propagée dans plusieurs pays du globe.
Plusieurs pays rapatrient leurs ressortissants de Wuhan qui sera mise en quarantaine quelques jours plus tard. Ce retour massif d’expatriés combiné à la célébration du nouvel an chinois a sans doute facilité la propagation du virus (Sars Cov 2) à l’échelle de la planète.
Aucun continent n’était désormais épargné par la progression fulgurante du virus.
- L’hécatombe n’a pas eu lieu en Afrique
L’Afrique a connu son premier cas de Covid-19 le 14 février 2020 avec un patient enregistré en Egypte. Des prévisions alarmistes faisaient ainsi craindre le pire en cas de propagation du virus dans les autres pays. « Même si la population est plus jeune que dans les pays développés, il y aura nécessairement des millions de morts », avait sombrement noté à ce propos Antonio Guterres, secrétaire général des Nations unies lors d’une interview le 27 mars 2020.
La propagation a eu lieu avec la quasi-totalité des pays touchés mais l’hécatombe tant redoutée n’a pas eu lieu. Malgré le faible déploiement de vaccins et autres accessoires de lutte contre la Covid-19, l’Afrique comptabilise les plus basses statistiques en termes de contamination et de décès.
Malgré la promiscuité et la faiblesse des moyens qui avaient motivé les appréhensions, l’Afrique a pu surfer, avec les moyens du bord, sur les trois vagues qui l’ont assaillie.
D’après les chiffres actualisés de la plateforme ‘’ worldometer’’, le cumul des infections s’élève à ce jour à juste 6.8 millions de cas pour 221 mille 373 décès.
Seule l’Océanie, faiblement peuplée, en a enregistré moins avec 3980 décès tandis que les autres parties du monde (Europe, Asie, Amérique du Nord et Amérique du Sud) ont toutes dépassé le cap du million de morts.
- Mesures restrictives pour battre la pandémie
Les résultats obtenus par la Chine suite au confinement imposé à Wuhan ont fait tache d’huile. S’inspirant de cette mesure qui avait produit des effets positifs a priori, les gouvernants des pays l’ont dupliqué ; l’Italie en premier.
Limitation des déplacements, distanciation physique, port du masque, fermeture des lieux de loisirs, de culte …la vie a semblé s’arrêter.
Dans la foulée, toutes les grandes rencontres sportives, culturelles ou religieuses ont été reportées ou purement annulées.
Ça a été le cas, par exemple, pour le pèlerinage à la Mecque de 2020 annulé ou encore les jeux olympiques reportées.
Les interdictions de déplacement ont été, dans la plupart des pays, assorties à un couvre-feu nocturne fortement réprouvé par les populations.
Des levées progressives ont eu lieu avec la disponibilité des vaccins et une meilleure maîtrise du Sars Cov 2 malgré ses nombreuses mutations en des variants dont certains plus pernicieux que le virus initial.
- L’espoir avec le vaccin
L’OMS a validé au début du mois de novembre courant le Covaxin qui devient, ainsi, le 8ème vaccin anti-Covid-19. Depuis l’apparition de la pandémie, une course contre-la-montre a été lancée pour trouver un vaccin. Des efforts qui ont abouti le 8 décembre 2020 à l’inoculation de la première injection sur une britannique d’un vaccin contre la Covid-19, Pfizer- BioNTech en l’occurrence.
L’espoir renaissait, ainsi, pour l’humanité durement éprouvée déjà par une année de peurs et d'incertitudes. Sauf que la production à grande échelle des vaccins allait révéler un manque de solidarité entre pays.
Ceux développés ont quasiment utilisé les stocks disponibles pour les populations laissant en rade les sous-développés. L’initiative Covax mise en place pour faciliter le déploiement des vaccins dans les pays du Sud n’a pu assurer un partage équitable tel que promis par les pays riches.
« Sur les 3.3 milliards de doses déjà administrés, seul 1% l’a été dans les pays les plus pauvres », a regretté l’OMS en juillet 2021 à ce propos.
La campagne anti-vaccin entretenue dans presque tous les pays par des organisations et même des scientifiques n’a pas aussi favorisé une bonne couverture vaccinale à la planète ; l’objectif étant de vacciner 70% de la population mondiale.
- Économies en berne
Les restrictions tous azimuts qui se sont étendues jusqu’au milieu du travail ont fortement impacté l’économie mondiale. Le 23 mars 2020, le Fonds monétaire international (FMI), par la voix de sa directrice générale Kristalina Georgieva mettait déjà en garde contre une « récession au moins aussi grave que pendant la crise financière mondiale ou pire ». Deux semaines après, l’institution financière a annoncé une baisse de 3% du PIB mondial pour l’année 2020.
Le continent africain connaissait pour sa part sa première récession économique depuis 25 ans.
Désormais, il est question de vivre avec un virus insaisissable avec ses nombreuses mutations. Dans cette voie, plusieurs milliards sont injectés par les institutions financières pour un redémarrage optimal de l’activité économique, moteur de l’existence du monde.
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