Alex Sinhan Bogmis
02 Novembre 2023•Mise à jour: 03 Novembre 2023
AA / Ankara / Alex Sinhan Bogmis
Haïti, la perle des Caraïbes, se trouve plongée dans une crise multiforme qui perdure. Les enlèvements contre rançon, les viols collectifs utilisés comme une arme de terreur et les assassinats ont exacerbé la situation humanitaire déjà alarmante du pays. Cette crise a des répercussions profondes sur la vie quotidienne des populations.
L'escalade de la violence a conduit de nombreux Haïtiens à chercher refuge dans d'autres pays d'Amérique, créant ainsi une crise migratoire supplémentaire qui nécessite une réponse internationale coordonnée, selon les autorités.
Le tableau alarmant de la sécurité dans le pays se caractérise par près de 2 900 meurtres entre octobre 2022 et juin 2023, avec plusieurs groupes armés perpétrant des enlèvements contre rançon. Cette situation s'ajoute à la crise politique qui sévit dans le pays depuis l'assassinat du président Jovenel Moïse en juillet 2021.
Haïti demeure également vulnérable au trafic d'armes et de munitions, principalement en provenance des États-Unis et de la République dominicaine. Les gangs locaux ont recours aux violences sexuelles pour terroriser et contrôler les quartiers, selon les réseaux de défense des droits de l'homme.
Comme une lueur d'espoir, le Conseil de sécurité des Nations unies a donné son aval, le 2 octobre dernier, à l'envoi d'une force internationale en Haïti. Cette mission, conduite par le Kenya, a pour objectif de soutenir la police haïtienne face aux gangs qui contrôlent une grande partie de la capitale, Port-au-Prince. Cette intervention tant attendue, sollicitée par le Premier ministre haïtien, Ariel Henry, depuis plus d'un an, est prévue pour une durée de douze mois, avec une réévaluation de sa pertinence au bout de neuf mois.
Les États-Unis prévoient de contribuer à hauteur de 100 millions de dollars, tandis que des pays comme la Jamaïque, la Barbade, les Bahamas et Antigua ont promis d'envoyer des troupes pour soutenir la mission.
L'enjeu majeur de cette nouvelle force internationale sera de ramener la paix en Haïti en vue de la tenue de nouvelles élections.
Il convient de noter que cette force internationale n'est pas une mission de maintien de la paix de l'ONU. Les Casques bleus ont un passé controversé en Haïti, étant impliqués dans l'épidémie de choléra qui a causé plus de 10 000 morts depuis 2010 et faisant l'objet d'accusations de viol par certaines organisations de défense des droits de l'homme.
Le Premier ministre Ariel Henry dirige le gouvernement sans mandat constitutionnel, car n'ayant pas reçu l'approbation du Parlement qui a cessé de fonctionner en janvier 2020, lorsque l'ancien président Jovenel Moïse avait refusé d'organiser des élections législatives. Depuis, Le Premier ministre gouverne par décrets.