Islam Doğru
23 Septembre 2025•Mise à jour: 25 Septembre 2025
AA/New York
Le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a lancé un cri d’alarme lors de l’ouverture de la 80e session de l’Assemblée générale, déclarant que le monde est entré dans « une ère de souffrances humaines impitoyables » où les principes fondateurs de l’ONU sont « assiégés ».
Il a dénoncé l’effondrement des fondations de la paix et du progrès sous le poids de l’impunité, de l’inégalité et de l’indifférence.
Dans un discours, Guterres a rappelé que l’ONU, créée il y a 80 ans pour promouvoir la paix face aux conflits, voit ses capacités d’action entravées alors que les défis mondiaux s’intensifient.
« Regardez autour de vous, les principes de l’ONU sont assiégés. Les fondations de la paix s’effondrent », a-t-il martelé, citant l’occupation de territoires souverains, l’utilisation de la faim comme arme et la censure des vérités.
-Gaza : une horreur qui perdure
Guterres a particulièrement insisté sur la situation à Gaza, où « l’horreur approche de sa troisième année terrifiante », résultat de « décisions qui défient l’humanité fondamentale ».
Il a souligné que l’ampleur des destructions dépasse celle de tout autre conflit sous son mandat, condamnant à la fois les attaques du Hamas du 7 octobre et la punition collective infligée au peuple palestinien.
Il a appelé à un cessez-le-feu immédiat et à une solution à deux États pour une paix durable au Moyen-Orient. Le Secrétaire général a également critiqué l’impunité, qu’il qualifie de « mère du chaos », alimentant des conflits comme ceux au Soudan, en Ukraine ou à Gaza.
Il a exhorté le Conseil de sécurité de l’ONU à devenir plus représentatif et efficace, et à s’attaquer aux causes profondes des conflits, notamment l’exclusion et l’injustice.
« Le moyen le plus sûr de faire taire les armes est de faire entendre la voix de la justice », a-t-il martelé.
-Un monde au bord du chaos
Guterres a averti que la multipolarité croissante du monde, bien que potentiellement bénéfique, risque de plonger dans le chaos sans institutions multilatérales fortes.
Il a également dénoncé les coupes dans les financements de l’ONU, qualifiées d’« arrêt de mort » pour ceux qui dépendent de l’aide humanitaire, et a critiqué les dépenses mondiales massives en armements – 750 dollars pour chaque dollar investi dans la paix.
Face aux crises climatiques et technologiques, Guterres a plaidé pour une réglementation urgente, notamment sur l’intelligence artificielle, afin qu’elle serve l’humanité sans compromettre les droits humains.
« Aucune machine ne devrait décider qui vit ou qui meurt », a-t-il insisté, appelant à des normes universelles de transparence et de responsabilité.
« À ce moment de crise, l’ONU n’a jamais été aussi importante », a conclu Guterres, soulignant le rôle unique de l’organisation pour unir les nations et relever les défis mondiaux. Il a appelé à un sursaut collectif pour choisir un monde régi par le droit et la justice, plutôt que par la force brute.