Majdi Ismail
11 Mars 2021•Mise à jour: 11 Mars 2021
AA/ New York
Le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a annoncé la formation d'une équipe de travail spécial de haut niveau visant à prévenir les famines et à mobiliser un soutien pour les pays les plus touchés, tout en exhortant le Conseil de sécurité à appuyer cette équipe.
C’est ce qui ressort d'une séance de discussion ouverte du Conseil de sécurité de l’ONU, tenue jeudi par visioconférence, sur «le conflit et la sécurité alimentaire» dans le monde.
Guterres a fait savoir qu’ « Il a décidé de former une équipe spéciale de travail de haut niveau présidé par le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordinateur des secours d’urgence des Nations Unies (OCHA), Mark Lowcock, dans le but de prévenir les famines et de mobiliser un soutien pour les pays les plus touchés ».
« L’équipe de travail comprendra des représentants du Programme alimentaire mondial (PAM) et de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), et travaillera en coopération avec des organisations non gouvernementales qui sont nos partenaires essentiels pour nourrir les affamés dans les quatre coins du monde », a-t-il expliqué.
Guterres a exhorté les membres du Conseil de sécurité « à soutenir l'équipe avec tous les moyens possibles et à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour prendre des mesures urgentes permettant d’éviter la famine ».
Le chef des Nations Unies a rappelé qu’« À la fin de 2020, plus de 88 millions de personnes souffraient de faim aiguë en raison des conflits, soit une augmentation de 20% en un an ».
Et Guterres d’avertir que « Les projections pour 2021 indiquent une poursuite de cette tendance effrayante ».
S'adressant au Conseil de sécurité, Guterres a prévenu que « Sans la prise de mesures immédiates, des millions de personnes atteindront le seuil de la faim aiguë et de la mort. Nos projections indiquent que les crises de la faim s’intensifient et se propagent dans le Sahel et la Corne de l’Afrique, et s’accélèrent au Soudan du Sud, au Yémen et en Afghanistan »
Et le Secrétaire général des Nations Unies d’ajouter : « Plus de 30 millions de personnes dans plus de 30 pays ne sont plus qu'à un seul pas d’être déclarés en situation de famine ».
Le responsable onusien s’est dit également préoccupé « par la situation dans la région du Tigré en Ethiopie, où la saison des récoltes a été perturbée en raison de l'insécurité et de la violence, ce qui laisse planer le spectre de la faim pour des centaines de milliers de personnes ».
« Dans certains pays, la famine est déjà présente et plusieurs régions du Yémen, du Soudan du Sud et du Burkina Faso sont en proie à la famine ou à des circonstances similaires », a-t-il déploré.
« Au Yémen, 5 ans de conflit ont entraîné le déplacement de 4 millions de personnes à travers tout le pays, et les Yéménites risquent désormais la peine de mort avec la propagation de la faim qui sévit dans leur pays », a-t-il fait savoir.
À cet effet Guterres, a souligné, « Près de 2,3 millions d'enfants au Yémen souffriront de malnutrition sévère cette année, alors qu’environ 16 millions de personnes font face à une situation d'insécurité alimentaire ».
Le chef de l’ONU a abordé également la situation au Soudan du Sud, estimant que ce pays est actuellement confronté aux niveaux d'insécurité alimentaire les plus élevés depuis la proclamation de son indépendance il y a 10 ans ».
La République démocratique du Congo, « a souffert l'année dernière de la plus grande crise alimentaire au monde, avec près de 21,8 millions de personnes qui avaient été confrontées à une faim aiguë entre les mois de juillet et de décembre de l'année dernière», rapporte Guterres.
*Traduit de l’arabe par Majdi Ismail