Mona Saanouni
14 Mars 2020•Mise à jour: 14 Mars 2020
AA/Mytilène (Grèce)
Les demandeurs d’asile en Grèce risquent d’être expulsés, après la suspension de la réception des demandes d’asile par Athènes pour un mois, début du mois de mars courant.
Les médias grecs ont rapporté que près de 450 réfugiés ont été transportés de l’île de Mytilène (Lesbos) pour être placés dans deux camps fermés dans les régions de Serrès et de Maláxa.
Ils ont précisé que les 450 demandeurs d’asile étaient arrivés en Grèce après le 1er mars, donc après la suspension de la réception des demandes d’asile par les autorités grecques, le 2 mars courant.
Ces migrants risquent ainsi d’être expulsés, selon les mêmes sources.
Et d’ajouter que ces derniers ont été transportés à partir de l’île de Mytilène, après avoir passé près d’une semaine à bord du navire grec « Rhodos », relevant des forces grecques maritimes.
Dans le même contexte, l’Organisation Human Rights Watch a considéré que la suspension de l’accueil des demandeurs d’asile par Athènes enfreint le droit international et européen.
L’Organisation a souligné qu’ « en cas d'expulsion de l’un des migrants vers son pays sans accepter sa demande d’asile, Athènes aurait enfreint les principes élémentaires des droits de l’Homme, dont le fait d’expulser des personnes exposées au risque de la torture ou à la peine de mort ».
En deux semaines, trois réfugiés ont été tués (un Marocain, un Syrien et un Pakistanais) par les forces grecques et près de 2500 autres ont été blessés.
Les demandeurs d’asile qui affluent vers la province turque d’Edirne franchissent les frontières turco-grecques, notamment à travers la rivière de Meriç séparant les deux pays.
Depuis le 27 février dernier, les demandeurs d’asile avaient commencé à affluer vers les frontières turques ouest, après l’annonce de la Turquie sur l’autorisation de passage des migrants vers l’Europe.