Tarek Fathi Mohamed
15 Avril 2021•Mise à jour: 15 Avril 2021
AA/New York
L’envoyé de l'ONU au Yémen, Martin Griffiths, a appelé jeudi les protagonistes du conflit au Yémen à approuver le plan de l'ONU en vue de mettre fin à la guerre qui sévit dans le pays.
Griffiths a souligné, lors d'une session virtuelle tenue par le Conseil de sécurité sur les développements de la crise yéménite, « qu’une solution politique négociée est le seul moyen pour mettre un terme au conflit. »
Les Nations Unies ont présenté, lundi, un plan humanitaire pour mettre fin à la crise au Yémen et appelé « les protagonistes » à s'asseoir à la table des négociations « sans conditions préalables ».
Le plan prévoit, selon Griffiths, l'ouverture des routes principales reliant le nord et le sud, y compris celles qui mènent à Taïz (sous contrôle gouvernemental), une ville assiégée (par les Houthis) depuis longtemps, et ce, dans le but de faciliter la libre circulation des civils, des marchandises commerciales et de l'aide humanitaire.
Le responsable onusien a affirmé que ce plan visait également à garantir l'ouverture de l'aéroport de Sanaa aux vols internationaux et nationaux, à assurer le flux régulier de carburant et d'autres marchandises commerciales vers le Yémen via les ports de al-Hodeïda (ouest) et à consacrer les revenus associés à l'entrée des navires de carburant pour contribuer au paiement des salaires des fonctionnaires.
Griffiths a ajouté que la façon de mettre fin à la guerre est connue et ses éléments de base ont été beaucoup discutés avec les parties concernées. « Tout ce dont nous avons besoin maintenant c’est que les deux parties (le groupe Houthi et le gouvernement yéménite) approuvent l'accord (le plan) », a-t-il souligné.
Et Griffiths de poursuivre, « Cet accord contribuera immédiatement à alléger les souffrances car il permettra un retour à la normale au Yémen. Toutefois, il y a des signes sérieux que les combats à Marib (est) s'intensifient à nouveau, étant donné que la violence qui se poursuit sur le terrain est préoccupante. Par conséquent, nous pourrions assister à une nouvelle vague d'escalade dans la province ».
Il a également mis en garde contre l'escalade des combats dans le gouvernorat de Taïz (sud-ouest), qui souffre d'une nouvelle vague épidémique du coronavirus.
«Les routes principales de Taïz sont fermées depuis plusieurs années, ce qui a provoqué de graves conséquences sociales et économiques pour ses habitants. Nous sommes préoccupés par la poursuite des attaques utilisant des drones et des missiles balistiques contre le Royaume d'Arabie saoudite», a-t-il expliqué.
Au cours des dernières semaines, les Houthis ont intensifié les attaques aux missiles balistiques, aux projectiles et aux drones sur des zones saoudiennes, au milieu des annonces répétées de la Coalition arabe, selon lesquelles ces missiles et drones ont été neutralisés, et accusant le groupe rebelle d'être soutenu par l’Iran avec ces armes.
Le conflit au Yémen oppose depuis 2014 les forces du gouvernement reconnu par la communauté internationale, aux rebelles Houthis, soutenus par l'Iran et qui ont pris le contrôle d'une partie du territoire, dont la capitale Sanaa. La situation s'est encore compliquée avec l'intervention du voisin saoudien en 2015, dirigeant une Coalition arabe qui mène des opérations militaires pour soutenir les forces pro-gouvernementales.
La guerre au Yémen en cours pour la sixième année a coûté la vie à 233 000 personnes, tandis que 80% de la population d'environ 30 millions de personnes dépend de l'aide pour survivre dans la pire crise humanitaire au monde, selon les Nations Unies.
*Traduit de l'arabe par Wejden Jlassi