Serap Doğansoy
22 Septembre 2025•Mise à jour: 22 Septembre 2025
AA / Istanbul/ Serap Dogansoy
Le président français, Emmanuel Macron, a réaffirmé dimanche soir, dans une déclaration solennelle, la volonté de la France de reconnaître un État palestinien.
Il a exprimé sa profonde émotion face aux souffrances vécues des deux côtés : les familles israéliennes touchées par les attaques du 7 octobre 2023 et les civils palestiniens frappés par les bombardements à Gaza.
Il a appelé à un cessez-le-feu immédiat, à la libération des otages, au rétablissement de l’aide humanitaire et à la création de deux États vivant côte à côte, en paix : un État d’Israël et un État de Palestine démilitarisé, sous une autorité renouvelée.
Cette reconnaissance s’inscrit dans un contexte international tendu. Plus de 140 pays ont déjà reconnu la Palestine, et l’ONU lui a accordé le statut d’État non membre observateur dès 2012.
Par ailleurs, la Cour internationale de justice (CIJ) examine actuellement des accusations de génocide contre Israël.
Face à une impasse diplomatique prolongée, la France souhaite relancer les discussions et affirmer son engagement pour une paix fondée sur le droit international.
- Les objectifs français
Paris entend :
● Réaffirmer sa position humaniste et équilibrée.
● Soutenir une solution à deux États.
● Jouer un rôle moteur dans la relance du processus de paix.
- Quels avantages potentiels ?
● Renforcer la légitimité internationale de la Palestine.
● Donner un nouvel élan aux négociations de paix.
● Affirmer l’alignement de la France avec les principes du multilatéralisme et de justice.
- Quelles limites et quels risques ?
● Réaction négative d’Israël, avec un risque d’escalade,
● Une reconnaissance perçue comme isolée si elle n’est pas coordonnée avec
d’autres grandes puissances,
● Un geste potentiellement symbolique en l’absence de progrès concrets,
● Des tensions internes en France autour de la perception du conflit.
- Et maintenant ?
Pour Emmanuel Macron, cette reconnaissance est un point de départ. Elle pourrait s’accompagner de mesures diplomatiques concrètes :
● Lancement d’une conférence internationale.
● Renforcement des institutions palestiniennes.
● Mise en place de programmes de coopération.
● Encadrement des engagements par le droit international.
Cette reconnaissance survient dans un climat international tendu, alors que la Cour pénale internationale (CPI) a émis des mandats d'arrêt contre les deux hauts responsables israéliens, Benjamin Netanyahu, le Premier ministre d'Israël, et Yoav Gallant, l'ancien ministre de la Défense d'Israël pour leur conduite militaire à Gaza.
Les arguments portent sur les bombardements massifs, le blocus humanitaire, et des déclarations perçus comme incitatrices à la haine. Plusieurs États, principalement du Sud global, soutiennent ces accusations. Cette situation renforce la nécessité d’un cadre juridique et diplomatique clair pour résoudre durablement le conflit.