Bilal Müftüoğlu
16 Février 2016•Mise à jour: 16 Février 2016
AA - Paris - Bilal Muftuoglu
Le maire de Migennes (Bourgogne-Franche-Comté) François Boucher (Les Républicains) a interdit les cours de turc et d'arabe proposés aux élèves invoquant des "raisons de sécurité" et la "menace terroriste" qui vise les établissements scolaires dans les petites communes en France.
Proposés dans le cadre du programme "Enseignements de langue et de culture d'origine (ELCO)", les cours de langue turque et arabe, que fréquentaient près 90 élèves, ont été suspendus dans la commune après les vacances d'hiver.
Le maire a affirmé avoir reproché à l'Académie de l'Yonne de ne pas veiller à la sécurité des écoles alors que la préfecture de la région avait sommé les responsables des établissements scolaires de prendre des mesures de sécurité supplémentaires dans le cadre de l'état d'urgence.
Les professeurs, qui sont financés par les pays dont la langue est enseignée dans les écoles en France dans le cadre d'une directive européenne, ne seraient connus par personne et parleraient "à peine" français "sans aucun contrôle à l'intérieur de l'école", selon le maire, cité par le quotidien local L'Yonne.
L'Académie de l'Yonne et la communauté turque dénoncent pour leur part une initiative inutile voire "discriminatoire" dans la décision du maire des Républicains. "Les professeurs sont suivis, ils sont contrôlés une fois par an", souligne Eric Javoy, adjoint à la direction d’académie de l’Yonne, cité encore par le quotidien.
Le vice-président de l'Union culturelle turque migennoise, Faruk Biyik, a regretté pour sa part une affaire "discriminatoire", évoquant que cela revient à l'Académie et non pas au maire de prendre une telle initiative. Le professeur enseigne la langue turque dans quatre autres communes sans que cela ne pose aucun problème, précise-t-il, dans son commentaire pour Anadolu.
L'association turque a aussi confirmé auprès de l'Académie et de la Préfecture qu'aucun dispositif sécuritaire ne pourrait permettre d'interdire les cours de langue au gré de l'édile, a fait savoir Biyik.