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25 Avril 2022•Mise à jour: 25 Avril 2022
AA/Paris/Fatih KARAKAYA
Plusieurs centaines de manifestants, principalement des jeunes "antifascistes" et "anticapitalistes", ont protesté dimanche soir dans plusieurs villes de France contre la réélection d'Emmanuel Macron.
Ces manifestants refusaient l’élection "par défaut" d’Emmanuel Macron mais n’hésitaient pas non plus à montrer leur opposition à Marine Le Pen.
D’après les explications de certains d’eux sur les réseaux sociaux, "leur colère" s’expliquait surtout par la "répétition de l’histoire".
En effet, pour comprendre la situation, il faut revenir quelques années en arrière dans la vie politique française.
En effet, alors que l’accession au second tour de l’extrême droite en 2002 pouvait s’apparenter à un accident de parcours, la répétition du même scénario en 2017 et 2022 marque définitivement l’installation de cette idéologie dans le paysage français. Pourtant, les Français sont exaspérés de devoir voter par "injonction à faire barrage" que par "conviction".
Il y’a exactement 20 ans, la France était sous le choc de voir Jean-Marie Le Pen se qualifier au second tour des élections présidentielles face à Jacques Chirac. Aussitôt, refusant "une horreur" pareille, les Français manifestaient leur colère en descendant dans les rues.
Même si l’extrême-droite s’est un peu effacée lors des éditions de 2007 et 2012, elle a repris des couleurs en 2017 et dernièrement en 2022.
Pourtant, contrairement à 2002 où le "barrage républicain" qui a réussi à rassembler plus de 85% des votants, les élections de 2017 ont considérablement réduit l’écart.
Que va-t-il se passer en 2022 ?
Selon les derniers chiffres du dimanche soir, le président Emmanuel Macron remporterait les élections avec un peu plus de 58% alors qu’en 2017, il avait réussi à rassembler plus de 66% des électeurs.
Aujourd’hui, le discours sur "le front républicain" a radicalement changé. Alors, qu’il était impensable de ne pas voter pour le front républicain, désormais certains électeurs ont clairement choisi de rester fidèles à leurs convictions et à ne pas voter "contre un candidat".
C’est le cas d’un jeune militant qui est venu observer les supporteurs d’Emmanuel Macron sur la place des Champs de Mars où était attendu Emmanuel Macron.
"Ces élections ne m’aspirent pas grand-chose", commence par expliquer le jeune militant qui n’a pas souhaité donner plus de détails sur son appartenance politique.
"On s’est tapé Macron pendant 5 ans et on va se le retaper encore 5 années" regrette le jeune homme.
Pour lui, "Emmanuel Macron a détruit la France, les hôpitaux publics, a viré les soignants, veut pousser la retraite à 65 ans, il aura cinq ans de plus pour détruire la France" énumère le militant qui s’étonne que "les gens votent pour ça".
S’interrogeant sur la légitimité des élections, il estime "qu’il y a quelque chose qui ne va pas ". Il se demande même s’il n’y a pas eu de "fraude" puisque quand il demande aux gens, "personne ne dit voter pour Macron".
Le concept du Ni-Ni
D’ailleurs, pour comprendre ce refus, il faudra analyser le taux d’abstentionnisme, mais aussi les votes blancs ou nuls.
Même s’il est très difficile de tirer des conclusions avec les abstentionnistes, dont on ne connait pas les motivations, on ne peut pas dire la même chose pour le vote blanc qui s’apparente à un "acte politique symbolique".
Ainsi, le taux de l’abstention, qui atteint 28,1 % au second tour de la présidentielle de 2022, soit presque autant que celui de 2002 a augmenté de 2,6 points par rapport à 2017.
D’après les chiffres officiels, plus de 3 millions de votes ont été comptabilisés comme blancs ou nul soit 8.6% des votants. Même si on constate, une baisse (11.5% en 2017), ce chiffre reste quand même très élevé et démontre une volonté de "départager les deux candidats".
A titre de comparaison, ce chiffre est plus élevé de 3 points par rapport à 2012 et 5 points par rapport à 2007.
D’après le média Le Nouvel Observateur, "le vote blanc n’est donc pas le fait de ceux qui se désintéressent de la politique et des élections. Il est un révélateur du sentiment qu’ont les électeurs de l’appauvrissement de l’offre politique".