Nadia Chahed
02 Mai 2017•Mise à jour: 03 Mai 2017
AA/Paris/Souhir Bousbih
J-6 avant le second tour de la présidentielle présidentielle. Avant leur face à face du 3 mai, les deux candidats qualifiés pour le second tour de la présidentielle Emmanuel Macron et Marine Le Pen se sont durement affrontés à distance lundi, offrant aux français un avant-goût de ce qui les attend mercredi.
Tout au long de la journée, les deux finalistes du scrutin du 7 mai se sont rendus coup pour coup par médias interposés et devant leurs militants à l’occasion de leur dernier grand meeting.
Et contrairement à la semaine dernière, le candidat d' "En Marche" fut le premier à lancer les hostilités, lundi matin, lors de l’hommage qu’il a rendu à Brahim Bouarram, un jeune marocain de 29 ans tué à Paris par des militants d’extrême droite le 1er mai 1995 en marge d’une manifestation du Front National.
L’ancien ministre de l’Economie s’en est vivement pris au FN, un parti représenté par sa rivale Marine Le Pen, et dont les « racines » extrémistes a-t-il affirmé, restent « vivaces ». Le candidat d'"En Marche", favori des sondages, a assuré qu’il « se battrait jusqu’à la dernière seconde » contre le projet de la députée frontiste et l’idée qu’elle se fait « de la démocratie ».
En meeting à Villepinte, en région parisienne, la candidate FN s’est montrée très offensive contre son adversaire devant les 9000 militants venus écouter son discours.
Pour son dernier grand meeting de campagne, la fille de Jean-Marie Le Pen a une fois de plus pris la posture de la candidate « du peuple » , de « la France qui se lève tôt » face au candidat désigné du pouvoir en place: « Emmanuel Macron, c’est François Hollande qui veut rester et s’accroche au pouvoir comme une bernique (…). Emmanuel Macron, c’est la continuité morbide (…) un Hollande junior, agité et immature » a-t-elle déclaré, ajoutant que « Sa philosophie, c’est marche ou crève ».
Plus tard, elle a détourné à son compte le discours de 2012 de François Hollande au Bourget: « Hollande, pas très loin d’ici, disait : Mon véritable adversaire, il n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti, il ne présentera jamais sa candidature, il ne sera jamais élu et pourtant il gouverne, cet adversaire c’est la finance (…) Cette fois, il a un nom, un visage, un parti et tous rêvent de le voir élu, et il s’appelle Emmanuel Macron ».
Des attaques qui sont revenues aux oreilles du candidat d '"En Marche" qui lui a répondu, sur le même ton acide, lors de son rassemblement organisé à la Villette (Paris) en fin d’après-midi.
Dans un discours essentiellement articulé contre Marine Le Pen, Emmanuel Macron a dénoncé le projet de la candidate FN qui serait, d’après lui, « un projet de repli, du protectionnisme, de l’isolationnisme, du nationalisme » et qui conduirait à une chose: « guerre économique, misère et guerre tout court ».
«Aujourd’hui, le combat est bien celui entre les deux projets choisis par les Français, strictement opposés. Celui d’une France patriotique, exigeante, réformatrice (…) et de l’autre celui d’une France réactionnaire, nationaliste, qui joue des colères du peuple. Le FN, c’est le parti de l’anti-France », a-t-il ajouté devant les 10000 militants venus l’écouter.
Dans cette dernière ligne droite où les coups pleuvent des deux côtés, Emmanuel Macron distance toujours largement sa rivale frontiste. Selon un sondage Kantar Sofres-One Point pour LCI et Le Figaro dévoilé lundi soir, le candidat En Marche est crédité de 59% des intentions de vote, contre 41% pour Marine Le Pen.